Après Sigmund Freud, Robin des bois ou Attila le Hun, c’est au tour du soldat inconnu de vivre une histoire rocambolesque. Hélas, elle est sans grande fantaisie.
S’il parle beaucoup de lui dans ses bédés, Manu Larcenet n’est pas un odieux narcissique et célèbre très souvent les rencontres et l’importance de l’amitié. Il a toujours ainsi provoquer d’étonnantes aventures à des figures historiques.
Freud, par exemple, a affronté la dure réalité du Far west et découvert d'étranges cowboys. Van Gogh a tenté de peindre la guerre. Des illustres hommes sont tombés dans l’univers drôle, généreux et onirique du dessinateur.
Larcenet les humanise en les mettant en scène dans des histoires assez délirantes. Il s’attaque désormais au soldat inconnu. Celui ci se réveille dans un futur proche.
Il rencontre le vieux gardien du cimetière. Ce dernier s’ennuie dans ce cimetière qui semble recouvrir la Terre. Sa seule occupation : écouter des disques usés de punk!
Une fois de plus, le mythe devient une farce tragique. Le rire cache l’amertume. Comme Le fléau de dieu, Larcenet confie le dessin à Casanave qui dépeint une vision chatoyante de la fin du monde. Ce n’est plus qu’un cimetière immense où le gardien et le revenant s’interrogent sur ce sacrifice ultime qu’est la guerre.
L’imagination est dense. Les deux hommes sont deux solitudes qui vont se comprendre. Hélas, Larcenet ennuie un peu avec la description du quotidien du gardien. La bédé commence réellement au bout d’une vingtaine de pages. Le scénario est un peu trop léger.
On devine les ambitions des auteurs : elles donnent la terrible impression de défoncer des portes ouvertes. La guerre, le consumérisme, le patriotisme sont des symptômes de la folie des hommes.
Nos deux héros déambulent en discutant et c’est à peu près tout ce qu’il se passe sur les cinquante pages de la bande dessinée. C’est joliment fait mais on a connu des histoires rocambolesques beaucoup plus… rocambolesques !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 12/06/2009