Il ne vous reste que quelques jours pour voir deux comédiens épatants dans une lecture surprenante !
Costume noir, chemise blanche et nœud papillon, ils ont l’air bien sérieux, Michel Fau et Jérôme Deschamps, lorsqu’ils entrent en scène et se mettent devant leur pupitre. Mais lorsqu’ils annoncent trop cérémonieusement la pièce à venir et la distribution des rôles, on comprend qu’on est là pour rigoler. Et cette impression se renforce quand les comédiens s’affublent de jolis petits bonnets en dentelle (d’où, certainement, le Courteline en dentelles) !
Courteline en dentelle n’est pas à proprement parler une pièce de théâtre, c’est plutôt une lecture de sketches à deux voix. Les petites pièces de Courteline, sept en tout, sont absurdes à souhait, d’une absurdité loufoque qui ne pouvait que séduire Jérôme Deschamps, le papa des Deschiens, et le déjanté Michel Fau (qu’on avait adoré dans Othello et qui s’est récemment illustré lors des derniers Molières en singeant Carla Bruni et son fameux « quelqu’un qui m’a dit »).
Les textes sont parfaitement idiots, les chutes assez prévisibles et c’est pourtant un vrai bonheur que de voir deux comédiens s’emparer de cet humour délicieusement désuet, pour le plus grand plaisir d’un public trop peu nombreux.
Jérôme Deschamps en rajoute dans l’interprétation de ses mini-rôles de donneur de leçons ; il campe à merveille celui qui, se croyant le plus malin, est le plus risible. Michel Fau est irrésistible tant il joue platement. On se souviendra du duo entre le chasseur balourd (Jérôme Deschamps, tout ventre en avant) et l’ours blanc à l’air assez inoffensif (Michel Fau, vêtu d’une peau de bête).
Les foules ne se déplacent pas pour voir cet ovni théâtral. C’est tant mieux, cela vous laisse une chance d’avoir des places pour les dernières représentations. Dépêchez-vous !
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Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 21/06/2011