RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Course à la mort

Course à la mort

Paul WS ANDERSON

Avec Jason Statham, Tyrese Gibson, Ian McShane et Joan Allen - Universal - 15 octobre 2008 - 1h40

Et ta critique ?




Tout juste agréable si l’on a omis d’amener son cerveau, ce film comblera les manques de virilité et d’effets pyrotechniques. Des volontaires chez ces messieurs ?


C’est la crise. Alors, pour nous faire oublier notre quotidien, intéressons-nous à ce monde qui a réinventé les Jeux du Cirque à la suite d’une récession. Mais attention : version courses de chars avec mitraillettes sur le capot. On ne pourra plus se plaindre après.

L’intrigue : un gars, forcément innocent, est envoyé en taule pour le meurtre de sa femme qu’on lui a évidemment mis sur le dos. Bien sûr, son passé de champion automobile semble attirer la convoitise de la directrice botoxée qui cherchait, comme par hasard, à remplacer son coureur fétiche. C’est fou, ce genre de petites coïncidences.

La vengeance sera le plat du jour, à ne pas douter. Heureusement, il a tous les responsables sous la main, c’est tellement plus pratique… Tatoué comme un marin au long cours avec un physique à faire de la pub pour le chocolat Meunier, notre héros parviendra-t-il à obtenir son ticket pour la sortie ? Ce n’est pas gagné. D’autant que sur Terminal Island, on ne fait pas dans la nuance, à commencer par le nom.

La mort est à chaque tournant, même à l’arrêt (j’aurais rêvé d’une telle accroche). On écoute du hip-hop, on grogne pour montrer qu’on a une grosse paire de pneus (voire deux). Par chance, on le confiera à une équipe soudée et ils deviendront meilleurs amis pour la vie. N’oublions pas non plus la femme de remplacement de modèle bombasse avec la poitrine et le fessier rebondi de série.

Encore des courses de bagnoles dopées aux matières explosives avec peu d’élus et beaucoup de décédés. Encore une histoire carcérale dans un régime totalitaire où les multinationales ont pris le contrôle. Encore un film qui suinte le sang et la testostérone. Rien d’étonnant pour ce remake de 1975 avec Stallone et Carradine.

Ici, c’est Paul W.S. Anderson qui est aux manettes. Le génie derrière des œuvres comme Mortal Kombat, Resident Evil, Alien VS. Predator… Vous êtes prévenus, pas la peine de venir pleurer dans les bras de l’ouvreuse ou de la caissière pour demander le remboursement intégral pour cause d’annihilation neuronale.

Pauvre Jason Statham… Après la saga des Transporteurs (bientôt trilogie) et malgré quelques bonnes choses à son actif (Braquage à l’Anglaise, Snatch…), il est doucement en train de glisser vers le mausolée cinématographique des yakayos.

Yakayo (n.m.) : acteur d’action sur le retour ayant connu la gloire dans les années 1980 et tournant principalement en Europe de l’Est des films qui sortiront directement en vidéo. Ex : Il est trop bad-ass ce yakayo dans La Revanche du Poing qui Vole dans la Face III, Panique à Los Angeles. Yakayos célèbres : Steven Seagal, Chuck Norris, JCVD…

De cette expression du demi-dieu toulousain du cinéma de genre — j’ai nommé Yannick Dahan — on ressent l’évocation puissante du mâle dominant qui ne respecte rien ni personne et qui le fait savoir à grands coups de pieds circulaires et d’explosions cheaps dans des hangars désaffectés. Généralement sous le prétexte d’une obscure vengeance qui permettra à la maison d’édition d’écrire sur le dos de la jaquette : Ils ont tué son chien, maintenant c’est à eux d’hurler à la mort !

Si Battle Royale avait donné ses lettres de noblesse à un genre contaminé par des bouses comme The Condemned (encore inédit chez nous, heureusement), Absolom 2022 ou Fortress, ce n’est pas ce film qui va remonter le niveau. Alors, c’est gore, c’est bourrin, ça va vite et le scénario sert surtout à éponger les traces de cambouis, mais les amateurs n’auront aucun mal à se divertir. On les envierait presque…


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 13/10/2008