RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Courir avec des ciseaux

Courir avec des ciseaux

Ryan MURPHY

Avec Brian Cox, Annette Benning, Joseph Cross et Joseph Fiennes Gaumont Tristar Columbia – 2006 – 1h53

Et ta critique ?




Le livre était bien barré : le film a le grand mérite de ne pas noyer la folie dans un spectacle plus raisonnable. L’auteur de Nip/tuck continue de scruter les délires de ses contemporains. Cela donne un American Beauty encore plus radical !


Ryan Murphy est l’heureux producteur de Nip/tuck, série chirurgicale et complètement schyzophrène. Les deux médecins, biens sous tout rapport révèlent des travers inavouables et extravagants. Nip/tuck ose tout et c’est là, la grande qualité de cette série qui gratte le vernis de l’american way of life.

Pour son premier long métrage, Murphy adapte le roman déluré de Augusten Burroughs, Courir avec des ciseaux. La rencontre apparaît totalement logique : les deux univers décapent et l’adaptation n’épargne rien, ni personne. Pas étonnant qu’aucun distributeur français n’ait tenté de sortir le film. Malgré un casting classieux (que du beau monde), Running with scissors n’est pas vraiment un film fade et sans saveur.

Les premières vingt minutes montrent en toute simplicité et de manière étouffante, la descruction d’une famille. La mère rêve d’être une grande poètesse. Son mari picole et leur fiston, Augusten est fasciné par l’image imposante de sa maman. L’égoïsme et la solitude auront raison de la famille qui explose avec une violence assez incroyable.

Alec Baldwin et Annette Benning sont exceptionnels. Pathétique, leur couple se noie dans la mesquinerie et la médiocrité. Pour leur malheur, ils vont tomber sur le docteur Finch, étrange psy complètement azimuté. Il va semer un peu plus la zizanie dans leur vie et surtout celle d’Augusten.

Après avoir détruit convenablement le pilier de la société américaine, la famille, le cinéaste s’emploie à décrire une réunion de personnes totalement disfonctionnelles, enfermées dans des traumatismes sévères. Cela pourrait être glauque. C’est pourtant là dessus que va se construire le jeune Augusten.

Dans la multitude des bizarreries qui font le quotidien d’Augusten, Murphy évoque le besoin de liberté dans les années 70. Il révèle le bon et le mauvais coté de cette décennie fantasmée. Sans être rabat-joie ou réactionnaire. Le résultat est étrange. Le film va beaucoup plus loin qu’American Beauty ou Little children dans la critique du système de valeurs yankee.

Le film aborde même une histoire d’amour entre un adolescent et un homme mal dans sa peau. Ca pourrait choquer mais le cinéaste apporte un ton décalé, par sa mise en scène et ses acteurs qui sauvent le film d’une véritable faute de goût. Ce dvd n’est pas une sinécure mais ces contes de la folie ordinaire méritent toute l’attention. Frileux, s’abstenir !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 02/11/2007