Steve Carell est devenu une valeur sûre de la gaudriole. Le voir dans une comédie romantique peut donc surprendre. Très classique, le film n’en est pas moins réussi.
Little Miss Sunshine avait prouvé que l’acteur principal était capable d’incarner des personnages plus sombres tout en distillant un humour, certes désabusé, mais toujours agréable. Revêtant une fois de plus son costume de clown triste, il va tenter de reprendre goût à l’existence.
Éditorialiste et écrivain sans succès, Dan est un papa poule en pleine dépression depuis la mort de son épouse. Surtout que la présence d’un modèle féminin l’aurait beaucoup aidé avec ses trois filles qui sont en train de devenir des femmes. La traditionnelle réunion familiale à la campagne semble alors se présenter comme le moment idéal pour remettre les choses à plat.
D’autant plus qu’une belle Française s’apprête à entrer dans sa vie. Mais remplacer un être cher n’a rien d’aisé et c’est au cours de ces vacances qu’il apprendra que la famille c’est l’enfer.
C’est connu, quand deux personnes s’aiment, elles jouent au chat et à la souris en alternant les rôles par pur masochisme. Il s’agit tout du moins de ce qu’Hollywood s’acharne à nous prouver à travers d’innombrables comédies romantiques qui inondent les salles obscures après la vague estivale des blockbusters.
Quoi qu’on en dise, il y a du plaisir à prendre dans ce Coup de Foudre à Rhode Island (astuce française pour faire référence à une hypothétique série romanesque et géographique dont les précédents opus se seraient déroulés à Notting Hill, Bollywood ou Manhattan). Même s’il ne restera pas dans le panthéon de la guimauve pour célibataire dépressif.
Trop classique, le film ne s’aventure jamais en dehors des sentiers battus, mais les quelques baisses de régime, imputables à des scènes trop téléphonées, ne sont pas délétères pour l’ensemble. Le manque d’originalité est d’ailleurs moins dommageable que pour d’autres " produits " similaires grâce à un traitement intelligent abordé sans pathos.
Mais rendons à Steve ce qui lui appartient : en jouant sur la corde sensible tout en restant dans l’humour fin, son charisme et son naturel désarmant sauvent le long-métrage de la faillite émotionnelle.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 17/09/2008