Exilé en Espagne, le chanteur folk Josh Rouse continue de se promener en chansons. Plus pop que les précédents albums, Country mouse city house sent toujours bon la générosité d’un auteur bavard même si une pointe de jemenfoutisme fait son apparition.
Petit gars du Nebraska, Josh Rouse aimait traîner à Nashville et adorait les vieux sons du folk, quelque part entre Bob Dylan et Van Morrison. Ses premiers disques sont de vraies petites pépites qui respirent l’Amérique rurale et malicieuse. 1972 et Nashville font partie des meilleures galettes qui ont traversé l’Atlantique depuis le début du 21ème siècle.
Après dix années dans la capitale du Tennessee, le compositeur a découvert l’Europe et s’est installé à Valence. Depuis l’influence européenne a marqué de son empreinte, des morceaux plus éthérés.
Cependant Josh Rouse a trouvé de l’inspiration en Espagne. Il donne de ses nouvelles tous les ans avec une dizaine de chansons. La souris des champs qu’il est devenu continue de distiller des beaux morceaux à la musicalité maîtrisée et d’une élégance précieuse. Sur "Pilgrim", le musicien rend un hommage vibrant à l’orgue Hammond. Rouse a le sens du vintage.
Le son fait dans le rétro et l’attitude est nonchalante. En neuf chansons, Country mouse city house prouve une fois de plus qu’il sait se servir de ses idoles pour s’affirmer en tant qu’auteur. Il sait faire cela sans être accusé de plagiat. La douce complexité de ses compositions mêlée à sa voix juvénile donne un cocktail délectable, à consommer sans modération.
Cependant la caresse que provoque ce disque est moins habile que dans les précédents essais de l’auteur. La balade de Josh Rouse à travers l’Europe semble être fatigante. Il y a un goût de redite et la nonchalance entraîne une certaine morosité. L’ensemble reste lumineux mais cela se révèle parfois lancinant. Le disque manque un peu de cœur comme dans les autres.
Mais il ne faut pas bouder son plaisir : il y a de la chaleur et du charme dans cet album. Voilà un disque parfait pour ceux qui souffrent du manque de soleil.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 14/09/2007