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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Coraline

Coraline

Henry SELICK

Universal - 10 juin 2009 - 1h40

Et ta critique ?




Film d’horreur pour les enfants, Coraline marque le retour d’Henry Selick, le papa mal aimé de Monsieur Jack. Le retour est gagnant et glacant.


Coraline s’ennuie dans sa nouvelle maison. Sa mère écrit un livre sur les plantes alors qu’elle n’a pas du tout la main verte. Son père s’use les yeux devant son ordinateur.

Délaissée, la petite fille voudrait bien s’amuser dans son jardin mais il pleut tout le temps. Les voisins sont un peu fous et le petit garçon d’à coté est un peu sauvage.

Rien ne va dans sa vie jusqu’au jour où elle découvre une porte secrète qui l’envoie dans un monde parallèle où tout semble parfait…

Ce ne sont que des apparences et Coraline est en grand danger. Neil Gaiman est un écrivain passionnant (lire American Gods) et l’adaptation d’Henry Selick rend hommage à cet auteur qui aime conjuguer le fantastique avec le quotidien.

C’est une joie de retrouver Henry Selick, vrai réalisateur de L’étrange Noel de Monsieur Jack et écrasé par l’immense Tim Burton. Avec Coraline, on est bien sûr que son talent est tout aussi grand.

Car Coraline provoque cette douce alchimie si rare au cinéma : l’artifice au service de l’émotion. En mélangeant la traditionnelle technique de l’animation image par image et de l’image de synthèse, Coraline est un film à la douce imperfection.

Ces techniques voyantes n’empêchent jamais le spectateur de tomber dans le monde crépusculaire et complexe de Coraline. Le conte est cruel car il montre la sévérité des enfants, leurs contradictions et leurs angoisses.

L’image des parents est brouillé (ce qui est rare dans le cinéma familial) et l’histoire se dirige vers une drôle de morale où tout le monde est renvoyé dos à dos. Ce qui ne rend jamais le film antipathique. La folie de la mise en scène, les incroyables numéros de cirque délirants rendent le constat plus doux mais il est acerbe derrière les prouesses techniques.

A part quelques longueurs, Coraline provoque un effroi bien senti à partager entre petits et grands. C’est un grand barnum, maîtrisé, intelligent et souvent éblouissant. Cela, malgré sa noirceur étonnante !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 01/07/2009