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Mercredi 23 Mai 2012Musique

 Controlling crowds

Controlling crowds

. ARCHIVE

(Warner Music - 2009)

Et ta critique ?




Après quinze ans d’existence, le groupe de Bristol fait le bilan d’une carrière bien diversifiée. Un best of avec que des nouveautés, voilà à quoi fait penser le nouveau disque d’Archive.


 

"Londinium", le premier opus d’Archive n’a rien à voir avec le reste de la discographie. Un album sombre de trip hop. Un must pour les spécialistes et une œuvre qui n’annonce rien de la suite des aventures sonores de Danny Griffiths et Darius Keeler.

"Take my head" est un second album éthéré et féminin.
Puis Archive explose avec ses albums de rock progressif teinté d’électro. L’hymne Again devient la carte de visite du groupe qui impose et dispose de ses chanteurs au fil de leurs désirs.

Délire psychédélique, leur musique a envoûté le public ; pourtant en 2006, "Lights", prouvait que le groupe tournait un peu en rond.
Pour 2009, Archive décide de faire le bilan.

Le duo ne propose pas une compilation mais fait plutôt un état des lieux de ce que fut ce groupe protéiforme. L’ouverture se fait donc sur le présent du groupe. Cinématographiques en diable, les quatre premières chansons nous inondent d’une ambiance magnétique, prenant leur temps pour nous bercer.

Le savoir faire est évident et Archive réussit toujours à imiter le talent de Pink Floyd. Puis on entend une voix venue de "Londinium". Le rappeur Rosko John revient et nous renvoie aux débuts du groupe. Quiet time assombrit le tableau avec une certaine réussite. Le titre qui suit, rappelle le second album "Take my head".

Archive regarde clairement derrière mais réussit à ne pas être nostalgique. Leurs inspirations se percutent dans un déluge de sons plutôt fascinants, synthétiques ou organiques. Les longues plages s’intercalent parfaitement avec des tubes potentiels, un poil trop sophistiqués.

Le groupe ne se renouvelle pas mais rend compte de ses nombreuses mutations, plus ou moins heureuses. On regrette que l’originalité ne soit pas au rendez vous mais les révolutions qu’ont subi le groupe sont suffisamment nombreuses pour rendre l’ensemble crédible et ensorcelant. Son goût pour l’emphase gênera peut être quelques esprits chagrins mais les deux auteurs de ce groupe se sont vraiment promenés dans un spectre large et rare de la musique.

"Controlling crowds" prouve le pouvoir de séduction du groupe. Le titre suggère qu’il serait capable de contrôler les foules : après une écoute attentive de ce huitième album, on veut bien le croire !



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 11/05/2009