L’équipe d’Infernal Affairs se reforme pour un nouveau polar bien urbain et complexe. Evidemment le goût de la redite n’est pas très agréable mais Confession of pain reste un bon film made in HongKong.
Andrew Lau et Alan Mak sont deux réalisateurs heureux. Depuis Infernal Affairs, ils connaissent une notoriété incroyable. Le remake américain de leur film, Les infiltrés de Martin Scorsese leur a rendu service. Désormais, tous leurs projets sont aussitôt achetés par les studios d’Hollywood. A peine sorti, Confession of pain sait qu’il aura un remake, écrit par le même scénariste que celui des Infiltrés.
Est-ce que cela vaut le coup ? A première vue, on pourrait dire oui. Après Infernal Affairs 2 (oui) et 3 (non), les deux auteurs envisagent un polar vaguement inspiré par Chungking express de Wong Kar Wai. Le projet évolue et très vite Confessions of pain devient un film noir. Très noir!
Un policier commet un double meurtre en tuant son beau père. Il pense avoir réalisé le crime parfait mais il s’inquiète lorsqu’il découvre que c’est son meilleur ami, un alcoolique jamais remis de la mort de sa femme, qui mène l’enquête en tant que détective privé.
S’engage alors un duel à distance entre les deux hommes. Une confrontation qui rappelle bien évidemment celle dans Infernal Affairs entre le faux voyou et le vrai ripou. La comparaison n’est hélas pas bonne pour Confession of pain. Le sentiment de déjà vu est omniprésent.
Certes les deux auteurs savent décrire avec élégance des personnages border line, perdus face aux limites de la loi. Ils ont le bon goût d’embaucher le charismatique Tony Leung et le séduisant Takeshi Kaneshiro. Le premier est parfait en apprenti assassin et le second dégage une énergie du désespoir stupéfiante. Les réalisateurs savent aussi filmer HongKong comme personne. Le spectacle est fascinant. Les nuits sont mystérieuses et inquiétantes. Tout le savoir faire d’Infernal Affairs est conservé.
Il faut aussi regretter que le schéma narratif soit similaire. L’opposition entre deux personnages est calquée sur Infernal Affairs. Chaque atermoiement et chaque geste des deux héros sont copiés sur le grand succès du couple Lau Mak.
C’est troublant. Plus que l’histoire, déjà bien tordue ! L’efficacité est présente à défaut d’originalité. Confession of pain souffre de pas mal de défauts mais il ne faut pas non plus bouder son plaisir : le film est parfaitement maîtrisé, jouant avec les codes du thriller et utilisant parfaitement le paysage urbain de HongKong. La vision de ce film n’est pas si douloureuse que ça.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 08/09/2007