C'est l'histoire d'un mec qui fait rire toute la France et qui se dit qu'après tout, il pourrait faire un aussi bon Président de la République que les autres candidats. Hé, pas con le mec !
Septembre 1980. Coluche est au sommet de sa gloire. Star des médias, salle comble tous les soirs au Théâtre du Gymnase… Le comique préféré des Français, provocateur dans l'âme décide, pour rire, de se porter candidat à la présidentielle d'avril-mai 1981. Très vite, la plaisanterie de potache prend de l'ampleur. La France rigole, l'acclame, le soutient. Les sondages montent régulièrement. Et si finalement le clown venait troubler le jeu politique ? D'autant que lui-même semble commencer à y croire...
Avec ce biopic, Antoine de Caunes s'attaque à un mythe collectif d'autant plus sensible que Coluche est contemporain d'un grand nombre de Français, et qu'il est sans doute l'une des personnes les plus médiatisées de son temps. Télévision, radio, cinéma auront été son ordinaire jusqu'à sa mort accidentelle au milieu des années 80.
Dès lors, la seule justification d'un film de fiction plutôt que d'un documentaire, réside dans l'exploration de la face privée de l'homme public. De Caunes ne s'y trompe pas et choisit une période charnière de l'artiste et un événement emblématique de l'homme et de son époque : l'élection à la Présidence de la République qui verra, le 10 mai 1981, François Mitterrand succéder à Valéry Giscard d'Estaing, la gauche succéder à la droite à la tête du pays.
En prenant le parti de traiter son sujet comme une équipe de télévision le ferait aujourd'hui pour suivre la campagne d'un candidat important (filmant ses déplacements, ses discours, ses échanges avec ses conseillers et son intimité), Antoine de Caunes fait sans doute preuve de la seule "audace" qui soit à porter au crédit du film.
Pour le reste, on assiste à une reconstitution scrupuleuse de l'époque qui, au prix d'une féroce chasse aux anachronismes, parvient à replonger le spectateur presque trente ans en arrière. On assiste surtout à une performance d'acteur digne d'éloge de la part de François-Xavier Demaison, habité par son personnage et parvenant à le restituer avec un réalisme d'autant plus remarquable que chaque geste, chaque mot, chaque intonation de Coluche résonne encore avec vivacité en chacun de nous.
Plus film hommage didactique (mais loin de l'hagiographie que l'on aurait pu craindre) que point de vue personnel, Coluche, l'histoire d'un mec est un long-métrage honorable mais à l'intérêt relativement limité.
Joël Fompérie
© Etat-critique.com - 24/10/2008