Avec Robert Duvall, Sean Penn, Maria Conchita Alonso et Don Cheadle - 1988 - Orion
Et ta critique ?
Finie la folie des années 60! Dennis Hopper est revenu de tout mais il continue de titiller l'Amérique en révélant l'existence des gangs de Los Angeles. Spectaculaire.
Dennis Hopper va réveiller les consciences noires. Après Colors, Hollywood va s'emparer de la triste réalité de la guerre des gangs dans les quartiers défavorisés. Boyz in the hood, New Jack City et tous les films sur le sort peu enviable des gangs américains peuvent dire merci à ce polar sec de Dennis Hopper.
Après Apocalypse Now, le comédien continue de tourner en Europe et revient aux Etats Unis pour jouer avec des réalisateurs atypiques comme Sam Peckinpah, Robert Altman ou David Lynch. Il sait toujours se placer et pourtant il commence aussi à participer à des films plus alimentaires comme Massacre à la tronçonneuse 2 ou Les aventuriers de la 4e dimension.
Le cynisme le guette. Il démontre qu'il n'en est rien avec Colors, polar urbain d'un réalisme étonnant. La clairvoyance de ce célèbre amateur de substances prohibées surprend et prouve son rapport mythologique avec son pays.
Car il observe deux flics aux méthodes différentes. Cela ressemble à un buddy movie comme on en fait beaucoup dans les années 80, comme 48 heures ou L'arme fatale. Il y a le jeune tout fou et le vieux sage qui a tout vu et tout connu. Sean Penn et Robert Duvall sont deux héros stéréotypés!
Ce duo qui devrait être rassurant, est maltraité par une violence que l'on ne voulait pas voir à l'époque des prétentieuses années Reagan-Bush. Hopper a filmé la violence des quartiers pauvres de Los Angeles.
Protégés par de vrais gangs pour tourner le film, le réalisateur et ses acteurs se sont aventurés dans un monde où la couleur veut dire quelque chose. Un bandana de couleur rouge ou bleu peut provoquer une fusillade d'une violence inouïe.
Cette violence vient des quartiers noirs et la couleur de peau des flics et la couleur bleue de leurs uniformes soulignent un peu plus l'indifférence et l'injustice qui règnent aux Etats Unis.
On attendait pas à ce niveau là, un artiste aussi enfumé, de plus en plus enclin à l'argent facile. Il signe une oeuvre forte qui ouvrira la porte de la gloire au rap et ses nouveaux héros. Une fois de plus, la bande originale reflète très bien le propos du film. Discret, Dennis Hopper dans les années 80, reste un auteur profondément américain et lucide.