Ils furent le plus grand groupe du Monde dans les années 90. Ils sont devenus juste un groupe de rock. Tant mieux !
Michael Stipe a été un grand gourou du rock. Il aimait bien se mettre en scène. Il défendait de nobles causes. Il militait. Il inventait. Il a profité de sa notoriété pour faire d'autres métiers comme producteur de cinéma. Un type relativement insupportable. Mais un excellent chanteur.
De son coté Peter Buck fut un grand guitariste américain. Son riff a un son reconnaissable. Il a profité de la notoriété pour creuser son sillon dans la production américaine et multiplier les projets à coté de REM.
Mike Mills est quant à lui le stéréotype du bassiste. Compétent. Binoclard. Rassurant. On est d'accord pour l'imaginer comme le pilier rassurant du groupe qui a traversé les pires choses pour un groupe de rock: le succès, la gloire, les excès, les tournées mondiales et le départ d'un membre originel (le batteur Bill Berry).
En 2008, un peu dans l'indifférence, le trio sort "Accelerate", un disque d'une sobriété étonnante, au son radical. Suit un double album live (Live at the Olympia Dublin), absolu et une fois de plus racinaire. REM se fait une cure de rock pur. Cela semble fini le temps des productions sophistiquées. Stipe redevient chanteur et le trio reprend du plaisir à jouer ensemble.
"Collapse into now" continue dans cette veine. C'est bien l'humilité que l'on entend dans cet album court et parfaitement électrique. On retrouve toutes les qualités du petit groupe d'Athens en Géorgie. L'écriture des titres rappelle la première époque du groupe. Quelques titres pourraient s'échapper des best sellers "Out of time" ou "Automatic for their People".
Mills et Buck se font plaisir. Il y a bien une dernière chanson qui hérisse le poil à cause d'une pompeuse intervention de Patti Smith, idole du groupe. Pourtant c'est bien un disque d'amoureux du rock'n'roll. C'est riche et solide. L'inspiration ne manque pas entre les parties calmes et les petites claques racées et survoltées.
Le trio a dépassé la cinquantaine. Ce quinzième album est la preuve que l'on peut avoir la foi malgré un âge avancé.
Ce disque impose une réalité: un rockeur peut bien vieillir.
Il peut même retrouver toute sa vitalité.