L’attraction du parc Disney est devenu un film puis une trilogie. Un bon film a donné naissance à une saga enflée et compliquée. Pour découvrir tous les travers d’Hollywood, le coffret Pirates des Caraïbes doit être vu.
La malédiction du Black Pearl est un film franchement sympathique. C’est vrai que Johnny Depp fait une parodie du guitariste shooté des Stones, Keith Richards, qui vaut le détour ! Il titube avec merveille sur un scénario assez convenu qui renoue avec le film de pirates. Avec une valeur ajoutée !
Le film du faiseur Gore Verbinski (capable du bon avec The ring et Weather man) confronte des corsaires assez classiques contre une bande de marins zombifiés. Les gamins d’aujourd’hui ne peuvent qu’adhérer au film et les adultes seront contents de retrouver le bon air marin que l’on trouvait souvent dans les films d’aventures de leur enfance.
Gros succès, le film va connaître deux suites, conçues l’une après l’autre, en un seul tournage. Et les ennuis commencent. Heureusement il y a les acteurs. Johnny Depp revient pour faire l’alcoolo rigolo. Keira Knightley et Orlando Bloom sont un couple assez fade mais glamour comme il faut. Les méchants ont de chouettes sales gueules et des vilaines dents. Les seconds rôles sont habités par de comédiens plus que compétents.
Il y a de nombreux personnages et visiblement les scénaristes ne savent pas trop quoi en faire mais se refusent de les faire disparaître. Ted Elliott et Terry Rossio semblent donc être les deux responsables du naufrage de Le secret du coffre maudit et Jusqu’au bout du Monde.
Le scénario devient un brumeux port de mauvaises idées, où les intrigues complètement inintéressantes s’accumulent. On ne comprend pas bien qu’à Disney, qui aime les idées simples et efficaces, on est validé deux histoires complexes ou incompréhensibles.
Devenant une trilogie, les auteurs cherchent à créer une mythologie autour des pirates mais rien ne fonctionne. L’aspect fantastique fait écrouler l’entreprise. Certains passages sont stupéfiants tellement ils gâchent le plaisir. Cela s’accélère avec le dernier volet, qui en plus de décevoir, est d’une laideur incroyable.
Heureusement il y a la composition éthylique de Johnny Depp qui donne un peu de légèreté à l’ensemble, de plus en plus lourd, au fil des très longues minutes. Le dernier volet dure presque trois heures, preuve d’un vrai problème de narration dans le lequel se noie des péripéties inutiles même si elles sont divertissantes.
C’est facile, mais pour conclure, Pirates des Caraïbes, c’est la galère, une grosse boursouflure, typique de la production américaine. D’un point de vue industriel, c’est loin d’être inintéressant !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 11/12/2007