Toujours imité, jamais surpassé, notre Indiana Jones préféré restera l’aventurier le plus aimé de la planète. A l’époque où des pales copies tentent de le faire oublier, ce coffret est un bain de jouvence et un pur divertissement de haute qualité.
Nicolas Cage mériterait un coup de fouet. Il a interprété Benjamin Gates, un triste aventurier qui passe plus son temps à bavarder avec Diane Kruger qu’à affronter des ennemis sur tous les coins de la planète. Gates, lui, discute avec son papa, célèbre le patriotisme et se promène uniquement sur le sol américain. Dans quelques semaines, il devrait remettre ça avec une suite dispensable.
Matthew McConaughey a joué aussi un chasseur de trésor dans le rigolo Sahara. Là encore, la vision du Monde selon l’Amérique se limitait à de gentils Africains, un méchant Français (on paie cher notre refus de participation à la guerre en Irak) et quelques adeptes du génocide. Au milieu, il y a le brave Américain tout musclé qui balance des vannes en même temps que des bourre-pifs.
Ils sont nombreux les aventuriers au cinéma mais aucun n’a su faire oublier le plus valeureux d’entre eux : l’impayable Indiana Jones. On a raison de se demander si c’est une bonne idée d’avoir conçu un quatrième volet, prévu pour mai prochain mais on a réellement raison de se procurer l’excellent coffret qui réunit les trois premières aventures, pensées par Lucas, Spielberg et d’excellents scénaristes.
L’arche perdu pose les bases d’un cinéma entièrement tourné vers le passé. Le film est un hommage à la bande dessinée d’après guerre, celles qui ont faits rêver le jeune Spielberg et tous ses copains qui allaient révolutionner la production américaine.
Ce qui est impressionnant, c’est le rythme incroyable de ce film faussement classique. La course poursuite est excitante et passionnante. Elle le sera encore plus avec Le temple maudit. Cette fois ci Spielberg se lâche. Comme Le monde perdu avec Jurassic Park, le film est la version sombre du premier.
L’auteur de ET maltraite son héros et le spectateur. Toute une génération sera traumatisée par le « Kalima » indien qui consiste à arracher le cœur d’une victime et de la jeter au feu. Le film se moque gentiment de la figure de héros, qui fait preuve pendant une grande partie du film (et sa formidable scène d’ouverture inoubliable) d’égoïsme.
Spielberg joue le mauvais élève avec des effets horrifiques qui font de cet épisode le plus sombre et le plus impressionnant. Le cinéaste lève le pied avec un troisième volet plus calme, plus posé. Les héros vieillissent. Ils ont toujours le sens de la répartie et aime encore les bastons homériques mais désormais ils défendent les mêmes valeurs que les preux chevaliers.
Un peu niais, La dernière croisade conserve le trépidant rythme qui fait la marque de fabrique de la saga. Le format dvd se prête idéalement à la redécouverte des films, résolument rétros. On a l’impression de les revoir pour la première fois. Les couleurs, les sons, la musique, tout a été nettoyé et optimisé. C’est un vrai bonheur d’autant que les documentaires sont inédits et amusants, surtout lorsqu’on voit Tom Selleck faire un essai pour le rôle.
Donc si vous voulez retrouver vos plaisirs d’enfance et ou faire découvrir un héros, un vrai, procurez vous vite ce coffret qui résiste au temps et aux effets numériques. Dans les vieux pots, on trouve aussi les meilleurs films !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 13/12/2007