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Mardi 22 Mai 2012Cinéma

 Coeurs Perdus

Coeurs Perdus

Todd ROBINSON

Avec Salma Hayek, John Travolta, Jared Leto et James Gandolfini Metropolitan filmexport – 6 juin 2007 – 1h48

Les commentaires

BMR & MAM

Le 25/06/2007

Hasard des programmations, Zodiac racontait il y a quelques jours une histoire vraie de crimes en série dans les années 70.
Avec Coeurs perdus, c'est une autre histoire vraie qui remonte, cette fois des années 50, plus librement adaptée au ciné.
Encore plus fort : le réalisateur Todd Robinson n'est autre que le petit fils de l'inspecteur Buster Robinson qui mena l'enquête dans la vraie vie (John Travolta à l'écran).
Chez les méchants, Jared Leto un gigolo qui gagne sa vie en escroquant des femmes au coeur solitaire. Il finit par tomber sur plus fort (et surtout plus givré) que lui, en la personne de Salma Hayek qui rapidement l'entraine, et nous avec, sur les routes de l'enfer, à coeur perdu : la belle supporte mal les conquêtes de son désormais comparse.
Chez les gentils, John Travolta en flic désabusé qui ne se remet pas du suicide inexpliqué de sa femme. Il part en chasse sur les traces des deux meurtriers, à la poursuite de ses propres démons.
Une cavale qui secoue pas mal, jusqu'au final, forcément fatal on s'en doute, et qui est plutôt réussi (on aimerait vous en dire plus sur cette fin mais ... non).
Une belle brochette d'acteurs, tous excellents, pour incarner ces "coeurs perdus" dans une savoureuse reconstitution des polars de l'époque.

Et ta critique ?




Sur les traces de James Ellroy, ce polar élégant est aussi un puissant somnifère. Le casting quatre étoiles n’y fait rien : Cœurs perdus, esprits endormis !


Ne vous fiez pas au titre et à l’affiche. Avec un titre à la Danielle Steele, le film de Todd Robinson n’est pas une romance dans les années 50 avec belles voitures rutilantes et drames autour d’une famille proprette de wasp. Cœurs perdus est un polar sans concession et très sombre.

Vraiment sombre. Inspiré par les exploits de son grand père policier, le réalisateur démythifie les années 50 avec les méfaits sordides d’un couple d’escrocs adeptes de la violence extrême. Ray est un don juan qui détrousse de jeunes femmes seules. Il rencontre Martha, une brune explosive, qui a le vilain défaut d’exploser les victimes de son amant. Deux policiers mènent l’enquête.

Le duo d’amoureux dégénérés passionne. Robinson dépeint assez bien les contours de la folie meurtrière et l’engrenage passionnel. Dans ces scènes, la référence à l’œuvre du romancier James Ellroy est frappante. Cette époque n’était pas épargnée par la criminalité. C’était même pire.

Hélas, Todd Robinson ne fait pas totalement confiance à son couple de fous furieux. En parallèle il suit l’enquête de deux inspecteurs, au bout du rouleau. C’est surtout le cas du policier interprété par un John Travolta convaincant. Robinson a une affection particulière pour ce personnage puisqu’il semble être la réplique de son ancêtre. Cependant le spleen du détective plombe littéralement le film.

L’étude de caractère ne génère pas beaucoup d’intérêt. On aurait préféré être au cœur de l’investigation mais Robinson se laisse avoir par les atermoiements de son héros. Il y a bien l’imposant James Gandolfini et le nerveux Scott Caan pour jouer les plus ou moins) fins limiers mais le malheur du personnage central finit par dicter un ennui poli.

Si les cœurs se perdent, l’intérêt aussi !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 12/06/2007