Sur les traces de James Ellroy, ce polar élégant est aussi un puissant somnifère. Le casting quatre étoiles n’y fait rien : Cœurs perdus, esprits endormis !
Ne vous fiez pas au titre et à l’affiche. Avec un titre à la Danielle Steele, le film de Todd Robinson n’est pas une romance dans les années 50 avec belles voitures rutilantes et drames autour d’une famille proprette de wasp. Cœurs perdus est un polar sans concession et très sombre.
Vraiment sombre. Inspiré par les exploits de son grand père policier, le réalisateur démythifie les années 50 avec les méfaits sordides d’un couple d’escrocs adeptes de la violence extrême. Ray est un don juan qui détrousse de jeunes femmes seules. Il rencontre Martha, une brune explosive, qui a le vilain défaut d’exploser les victimes de son amant. Deux policiers mènent l’enquête.
Le duo d’amoureux dégénérés passionne. Robinson dépeint assez bien les contours de la folie meurtrière et l’engrenage passionnel. Dans ces scènes, la référence à l’œuvre du romancier James Ellroy est frappante. Cette époque n’était pas épargnée par la criminalité. C’était même pire.
Hélas, Todd Robinson ne fait pas totalement confiance à son couple de fous furieux. En parallèle il suit l’enquête de deux inspecteurs, au bout du rouleau. C’est surtout le cas du policier interprété par un John Travolta convaincant. Robinson a une affection particulière pour ce personnage puisqu’il semble être la réplique de son ancêtre. Cependant le spleen du détective plombe littéralement le film.
L’étude de caractère ne génère pas beaucoup d’intérêt. On aurait préféré être au cœur de l’investigation mais Robinson se laisse avoir par les atermoiements de son héros. Il y a bien l’imposant James Gandolfini et le nerveux Scott Caan pour jouer les plus ou moins) fins limiers mais le malheur du personnage central finit par dicter un ennui poli.
Si les cœurs se perdent, l’intérêt aussi !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 12/06/2007