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Mardi 22 Mai 2012Cinéma

 Cocoon

Cocoon

Ron HOWARD

Avec Don Ameche, Brian Dennehy, Steve Guttenberg et Hume Cronyn - 20th century fox - 1985

Et ta critique ?




La visite des années 80 se poursuit et on s'occupe de nos amis senior, stars d'un gentil film avec encore des gentils aliens!


Que se passe t il dans les années 80 pour que les extraterrestres ne veulent plus nous envahir et tout détruire? Reagan est déjà assez hargneux comme ca ! Tatcher est assez belliqueuse pour aller se battre au fin fond des Malouines ! En 1985, l’Afrique du Sud nous offre un triste spectacle. Bref, on n’a pas vraiment besoin des aliens pour assister à la guerre des mondes.

Les monstres de l’espace rangent leurs armes ! Spielberg l’a bien montré avec Rencontres du 3e type et E.T. Carpenter prône la paix dans Starman et dans Cocoon, nos amis d’une autre planète s’occupent carrément de nos vieux.

Une drôle d’idée qui fera tout le charme de ce film de Ron Howard, déjà bien ancré dans le fantastique « réaliste » après le succès de Splash. Robert Zemeckis ne peut pas diriger le film, c’est donc la star de Happy Days qui va s’occuper du premier film de science fiction gériatrique.

De sympathiques petits vieux s’ennuient dans une pension ensoleillée. Ils se baignent dans une piscine privée où se trouvent des œufs bizarres. En tout cas, cela leur procure une seconde jeunesse. Très vite, ils vont comprendre qu’ils profitent des vertus de créatures venues d’ailleurs et repêchées par des camarades  particulièrement pacifiques.

Avec des héros qui dépassent les 65 ans, il n’y a pas d’action pétaradante dans Cocoon. Le jeunisme n’a pas le droit de citer ici et c’est plutôt une surprise. Le rythme est tranquille, posé et poli. Ron Howard reste un sage cinéaste et Cocoon lui convient parfaitement.

Le film taquine un peu la société en décrivant le quotidien plus que mortel d’une maison de retraite. Comme dans E.T., le surnaturel va permettre une critique aimable mais réelle de l’americain way of life. A quoi bon vivre longtemps si on est utile pour personne ?

Bien avant Clint Eastwood et ses derniers films, la vieillesse est au cœur de ce produit typiquement hollywoodien où l’on verra tout de même Steve Guttenberg  s’enticher d’une extraterrestre sexy (descendante des habitants d’Atlantis). Ron Howar fait le papy boom avant l’heure. Son film est mélancolique sans être sinistre.

Avec des acteurs comme Don Ameche, il contourne les codes et les conventions des années 80. A l’individualisme forcené d’un Stallone ou d’un Tom Cruise, il célèbre l’amitié, le temps qui passe et la solidarité. Pourtant il ne s’agit pas d’un film collectiviste si cher à Gorbatchev.

Pas de montage épileptique. Pas d’énormes effets spéciaux. Les mauvaises langues diront qu’il n’y a pas de rythme non plus. C’est de cette manière justement que le film s’est longuement incrusté dans la culture populaire. On s’en moque souvent mais Ron Howard a réussi son coup : ses petits vieux sont devenus immortels !

Phrase culte : Tous les 10 ou 11 000 ans, je fais une terrible erreur !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 08/09/2010