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Mardi 22 Mai 2012Cinéma

 Cloverfield

Cloverfield

Matt REEVES

Avec Michael Sthal David, TJ Miller, Odette Yustman et Lizzy Caplan – Paramount Pictures – 6 février 2008 – 1h30

Et ta critique ?




Les sociologues pourront se passionner pour ce film catastrophe d’un nouveau genre. Les amateurs de série B vont beaucoup s’amuser. Cloverfield croise habilement actu et fiction. A défaut de grande surprise, le film a sacrément du style!


La référence au 11 septembre est omniprésente dans Cloverfield. L’action se situe à New York et le film est tourné caméra à l’épaule. Ou plutôt camescope à la main. Mais l’effet rappelle terriblement les scènes traumatisantes des attentats qui nous ont faits rentrer dans le 21e siècle.

L’effet de style est saisissant. Comme tous les témoignages vidéo de 2001, Cloverfield montre le quotidien tordu par un fait extraordinaire. On pense évidemment au film deGédéon et Jules Naudet au cœur de l’action des pompiers durant l’écroulement des tours. Ici, c’est pareil : on prépare une fête pour un jeune cadre dynamique qui doit partir au Japon. La caméra capte l’ambiance et les messages d’encouragement. Puis un tremblement de terre surprend tout le monde.

On se demande si ce n’est pas encore une attaque terroriste mais non : c’est un monstre géant qui détruit la ville. Un cousin ricain de Godzilla, suivi d’une armée de crabes costauds et affamés. Le caméraman filme sa fuite avec le héros de la soirée et quelques amis.

En (presque) temps réel, le spectateur suit la promenade de quelques branchés dans un New York dévasté. Il semble loin le temps d’Independence day. Face à l’horreur, on est seul et c’est chacun pour sa peau. Le camescope souligne cette solitude et la terreur, ce qui est très bien rendu à l’écran.

Bien entendu, la réalisation peut donner la nausée mais le réalisme redonne un peu d’originalité au thème du cataclysme. C’est un peu La guerre des Mondes de Spielberg revu et corrigé par l’équipe du Projet Blairwitch. Cependant c’est JJ Abrams qui est derrière tout cela.

Heureux producteur d’Alias, il devient le chouchou des geeks et des amateurs des films de genre avec la série Lost, puis la réalisation de M :I 3 et le prochain Star Trek qui redéfinira totalement la saga. Ce type là s’y connaît en sous culture et le prouve une fois de plus avec Cloverfield.

Comme Godzilla à son époque, la fiction se nourrit des angoisses bien contemporaines. Cloverfield capte très bien son époque et le malaise des Américains. Abrams et son réalisateur se permettent une large exposition pour mieux nous coincer dans les moments flippants du film. Ils ont le chic de rendre attachant des têtes à claques que l’on aurait aimé détester.

Mais non, il y a une vraie sincérité dans le propos et une approche romanesque moderne et crédible. On craint vraiment pour les héros de cette aventure étrangement crédible ; déjà vuedans les journaux ou les débats et  bien scotché dans notre conscience collective! La réalité en tout cas redonne un sacré coup de fouet à un genre bien trop calibré par Hollywood !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 08/02/2008