Lille devient la capitale du crime et Michel Quint fait voyager les clichés du roman noir dans le Nord de la France. Un voyage très agréable!
C'est le décor qui fait la différence. Lille devient un décor idéal pour une sombre histoire de meurtres avec des petites gens et des fourbes industrielles. Michel Quint, spécialiste des oeuvres au noir, ne fait pas du Ken Loach. Certes il y a un fond social mais Close up va rapidement s'attacher aux artifices du roman noir.
Un petit cabaret enfumé fera donc l'affaire pour créer une ambiance nocturne, doucement dangereuse et de plus en plus étouffante. Une diseuse de bonne aventure fera basculer le destin d'un client trop propre sur lui.
La magicienne va surtout libérer les aigreurs et les secrets des puissants de la ville. Le labyrinthe du vieux Lille va se révéler inquiétant. Un assassin a une mission et Miranda, habile avec les cartes, devra tirer d'affaire son client, Bruno.
Une course poursuite s'engage. Lorsque l'on connait le Nord et ses charmes, on devine une vraie admiration de la part de Michel Quint pour ce paysage nordiste. Il lui donne de la profondeur. Il se sert des ombres pour y cacher des intrigues classiques mais d'une sublime sobriété.
Dans les zones sombres de Lille, se retrouvent la femme fatale, la victime pas si innocente, le tueur froid ou les enquêteurs à la petite semaine.
Pas besoin d'imaginer Los Angeles ou Humphrey Bogart. Les mystères de la ville se dévoilent et Michel Quint jubile par une écriture enlevée et parfaitement rythmée. Pas beaucoup de surprise dans ce texte respectueux des traditions mais un vrai dépaysement et une adaptation des conventions à la Chandler plutôt chanceuse.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 14/10/2011