Avec Bruce Willis, Rosamund Pike, Radha Mitchell et James Cromwell - Walt Disney Pictures - 28 Octobre 2009 - 1h25
Et ta critique ?
Le futur est à nos portes. Prenant le fantasme de la substitution robotisée de l’être humain au pied de la lettre, Clones est un film de science-fiction accomplissant le service minimum. Paradoxal et accablant.
La race humaine était prévenue : à force de faire des robots de plus en plus sophistiqués et anthropomorphes, il fallait s’attendre à ce qu’ils prennent notre place.
Ici, le postulat est légèrement différent. Pas de problèmes avec les lois d’Asimov puisque les androïdes ne sont que des coquilles vides (des êtres de procuration comme l’indique le titre original) qui obéissent à des humains les contrôlant à distance.
Grâce à ces avatars débarqués dans le monde réel, tout devient possible. De la simple altération physique aux capacités surhumaines déployées par les machines de substitution. Mais tout n’est pas si rose puisqu’un petit malin aime à faire griller les circuits imprimés des citoyens modèles.
Ce qui ne se révélerait pas problématique si l’utilisateur ne décédait pas en même temps que son alter ego. N’ayant pas connu d’homicide en 15 ans, la société est au bord du chaos et pour sauver l’humanité (enfin, ce qu’il en reste), il n’y a qu’une solution : faire appel à un policier joué par Bruce Willis.
Nous le suivrons donc alors qu’il tentera de mettre fin aux atrocités et de déjouer un complot aux proportions mondiales. Complexe militaro-industriel quand tu nous tiens. Avec un scénario famélique, heureusement que le film ne s’étire pas dans son propos.
Plombé par les clichés du genre et un dénouement peu original, on pouvait attendre beaucoup plus d’un concept loin d’être inintéressant. Le récit est chahuté par une dynamique bancale entre séquences d’action un peu trop démonstratives et explications faussement révélatrices.
Au grand dam des amateurs de SF, on frôle souvent l’incohérence. Alors qu’une telle société devrait produire des êtres atrophiés et inaptes à une vie dans un contexte de réalité tangible (on me souffle l’acronyme IRL…), la transition est loin d’être notoire.
Mais bon, il y en a au moins un qui y trouve son compte. Après Benjamin Button et son Brad Pitt retrouvant une jeunesse digitale, c’est au tour de Bruce Willis de subir un lifting et une implantation capillaire du plus mauvais goût.
Après tout, les hommes connaissent les affres du complexe de la calvitie. La morale, lénifiante à souhait, achèvera sans mal un long-métrage boiteux. À moins d’être accroc à tout ce qui ressemble de près ou de loin à de l’anticipation, pas la peine de se déplacer pour rembourser les producteurs.
En ces temps de crise, l’humilité aurait sauvé l’entreprise. En la tuant dans l’œuf. Ce n’est hélas pas cela qui relancera la carrière de John McLane.