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Mardi 22 Mai 2012Cinéma

 Choker Bali

Choker Bali

Rituparno GHOSH

Et ta critique ?




Le cinéma indien est en pleine forme. Avec ses longues sagas mélodramatiques hautes en couleurs qui débarquent chez nous, on l’avait bien compris. Choker Bali prouve que l’intime a le droit de citer dans ce cinéma si exotique.

Choker Bali ne fait que deux heures. C’est presque étonnant pour un film venu d’Inde. Pourtant le film peut s’enorgueillir de la présence de Aishwarya Rai, magnifique actrice et déesse star dans son pays (un peu chez moi aussi d’ailleurs). Avec elle, on devait s’attendre à la méga production musicale.

 

Or Choker Bali est nettement moins bariolé que La Famille Indienne ou autre blockbuster indien. Evidemment, il s’agit d’un mélodrame. Dans Choker Bali, une veuve (Aishwarya Ria) tombe amoureuse du mari de sa meilleure amie. L’histoire est connue et très appréciée en Inde.

 

C’est l’écho social qui surprend le plus en soulevant le problème du veuvage en Inde. Mais ce n’est pas non plus du Ken Loach ou pour être plus juste, du Satyajit Ray. Les chaudes larmes vont couler. Les violons vont grincer. On pense même à Madame Bovary et autres héroïnes romanesques.

 

Les numéros musicaux sont en tout cas absents (ou coupés ?) et la production ne semble pas pharaonique. Le film emprunte au marivaudage de chambres si cher à Jane Austen. Les femmes sont les victimes d’un univers figé et limité à quelques pièces. C’est ce coté intimiste qui fait tout le charme de Choker Bali.

 

Bien entendu les ficelles ne sont pas nouvelles. Mais l’exotisme fait franchement son effet. Et puis il y a les yeux de Aishwarya Rai qui feraient presque regretter les deux heures… C’est trop court !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 05/03/2007