Les papys font de la résistance. Après Metallica et ACDC, c’est au tour de Guns’n’roses de faire preuve de vitalité sur un tout nouvel album. Après une quinzaine d’années d’absence, Axl Rose, isolé, tente l’impossible. Et ca marche... un peu !
Cela fait une bonne dizaine d’années que le leader mégalo des Guns’n’roses annonce la sortie de "Chinese democracy", nouvel opus des aventures compliqués du groupe sulfureux. Qui n’est plus un groupe d'ailleurs depuis que le chanteur s’amuse à virer tous les musiciens.
Même Slash n’a pas résisté aux névroses d’Axl Rose, qui a décidé d’être Guns à lui tout seul. Bon, pourquoi pas ? Ce mélange d’Elton John et d’Alice Cooper possède une voix incroyable et sait composer des gros morceaux bien efficaces, des symphonies électriques et des grosses boursouflures qui font pleurer les chevelus costauds et les jeunes filles en fleurs.
On ne sait donc plus trop qui fait partie du groupe. Sur ce nouvel album, les collaborateurs se multiplient pour imiter Slash, et en général, ils le font assez bien. Le disque est garni de solos héroïques avec effets multiples et notes tricotés de mains expertes et rapides.
C’est bien le minimum. Depuis 1993, les Guns n’ont rien sorti et le disque aurait coûté plusieurs millions de dollars. Alors Axl Rose fait un effort pour retrouver les tics glorieux du groupe. Il amène une pointe de modernité avec des sons funks un peu nases et des nappes de synthés qui irriteront les puristes.
Le chanteur doit se remettre en forme pour pousser sa voix, suave ou hystérique. De temps à autre, il retrouve ce goût assez plaisant de la démesure et de la grandiloquence. C’est drôle mais pas très convaincant. Les trois premiers morceaux sont des anecdotes un peu risibles. Street of dreams rappelle enfin idéalement le passé. Mais ensuite, le disque est coincé par la trop grosse envie de Axl Rose.
D’ailleurs, il a le défaut majeur de gommer le son bluesy qui faisait le charme des premiers albums. L’absence du guitariste Izzy Stradlin a toujours été le coup d’arrêt pour l’inspiration du groupe.
"Chinese democracy" en fait des tonnes. Il est surproduit et pourtant, il n’y a pas d’audace, juste une impression durable de chansons un peu hasardeuses. On se consolera sur les deux ou trois chansons qui singent les titres d’antan.
Si le disque se plante commercialement, on peut encore espérer que l’ego du chanteur laisse de la place à un retour des musiciens originaux. L’espoir fait vivre et aimer malgré tout ces vieux groupes de rock désespérément en mal de gloire. Ce qui peut nous faire redouter un possible retour de Bon Jovi ! Tous aux abris !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 01/12/2008