Thomas Belhom n’est pas un inconnu : il a officié avec un autre musicien, Naim Amor, au sein du duo AmorBelhom, commençant au milieu des années 90. Leurs chemins ont croisés Calexico outre-Atlantique, enregistrant un album dans le désert d’Arizona...
Sa carrière est ensuite une multitude de rencontres, avec Noël Akchote, David Grubbs, Stuart A. Staples (chanteur des Tiendersticks) ou encore Red, avec qui il joue sur scène. « Cheval oblique » est aussi né d’une rencontre, avec Volker Zander, boss du label munichois «Apparent Extent, et contrebassiste de Calexico ; on n’oublie pas où tout a commencé.
Percussif. Ou plutôt non, à base de percussions, ce qui n'est pas la même chose. L'album de Thomas Belhom "Cheval oblique" est composé de musique. Quasi uniquement de musique. Et quasi uniquement de base rythmique. Tout ceci est suspendu dans l'air ; composé de 13 plages plutôt que de morceaux, l'album est aérien du début à la fin.
Il sera cependant très difficile de nommer cette musique, celle-ci croisant tellement d’univers & d’instruments organiques.
On a constamment l'impression d'être à l'éxterieur. Sur une plage – des bruits de mouettes. Dans un village africain – du marimba. Dans une rue piètonne – des cris d’enfants jouant dehors. Ou bien également dans les morceaux les plus lents de Yann Tiersen – comme si Eric Satie avait aussi composé à la trompette…
Tour à tour totalement écrite ou bien donnant l’’impression d’être complètement improvisée, la musique de Thomas Belhom nous embarque sur les traces de grands voyageurs. On a envie de chevaucher à ses côtés, humant la route, comme Kerouac pouvait la penser. Si vous avez envie de dépaysement total, prenez ce disque comme carnet de voyages. Il contient tout ce dont vous avez besoin.
Stéphane Dorémus
© Etat-critique.com - 23/11/2007