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Lundi 21 Mai 2012Cinéma

 Charlie, les filles lui disent merci

Charlie, les filles lui disent merci

Mark HELFRICH

Avec Jessica Alba, Dane Cook, Dan Floger et Michael Teigen - Sony Pictures - 26 décembre 2007 - 1h38

Et ta critique ?




Les tribulations sexuelles du nouvel héros érotomane faiseur de noces sont loin d’être dénuées d’intérêt. Les défauts sont nombreux mais le plaisir ne se boude pas pour si peu.


Charlie, Chuck pour les intimes, n’a pas de chance. Après avoir rejeté une gothique adepte de magie noire dans sa préadolescence, cette dernière lui jette un sort par vengeance. Chaque femme avec laquelle il couchera trouvera le grand amour… avec le prochain.

Internet propageant la légende urbaine de ce porte-bonheur matrimonial, il deviendra vite la coqueluche de toutes les femmes avides d’un beau et solide mariage. Il devra donc vivre condamné à n’avoir que des aventures d’un soir en choisissant parmi tout ce que la Californie compte de bombes sexuelles. Vraiment pas de bol.

Bien entendu, aussi séduisante que peut paraître cette idée, l’altruisme de Charlie qui le pousse à aider sa prochaine avec une ferveur sans pareille atteint ses limites quand il tombe amoureux d’une belle mais maladroite vétérinaire avec un fétichisme poussé sur les pingouins.

Après s’être résigné à vivre en tant qu’homme objet, notre pauvre Chuck, réduit à son membre viril, aspire à une vie monogame avec la toujours craquante Jessica Alba. Or comment faire pour ne pas coucher avec l’élue de son cœur de peur de la voir s’envoler juste après ? Ou alors faut-il se résigner à une vie de sexe sans conséquences ? De ces questions existentielles dépendront le salut de la morale puritaine.

Lorgnant du côté des comédies polissonnes des frères Farrelly et de 40 ans, toujours puceau, l’ex-monteur de blockbusters douteux comme X-Men 3 ou les deux derniers Rush Hour s’essaye au film mammaire. Si le côté coquin est un argument commercial, la surenchère donne vite l’impression de se retrouver face à un documentaire sur l’industrie laitière dans l’Ouest américain.

Il faut donc s’attendre à un humour qui évite la finesse mais qui réussit par moments son office. La lourdeur de certains gags est compensée par une structure de comédie romantique qui fonctionne au régime moteur. Au final, l’énergie déployée par les acteurs évite le naufrage d’un long-métrage qui accumule trop de scènes gratuites.

Ce film, extrêmement périssable, s’apparente à du grignotage, un plaisir coupable, délectable sur le moment, mais dont le souvenir disparaîtra assez rapidement faute de consistance. Si jamais vous avez un petit creux et que vous êtes entre adultes consentants…


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 26/12/2007