Retour du Brestois pas très ordinaire ! De plus en plus sobre, Christophe Miossec est il encore un chanteur chancelant et sensible ?
Son premier album s'appelait "Boire". Depuis, Christophe Miossec s'est montré comme une âme cabossée, amateur de fêtes et chanteur timide. Pourtant ses excès ont développé une voix rocailleuse, suggérant l'inconséquence de nos existences et les pièges de notre quotidien.
Fin chroniqueur de son époque, Miossec n'a pas toujours écrit de bonnes chansons. Bien aidé, il a tout de même réalisé un chef d'oeuvre, "1964" en 2004. Pour ses quarante ans, il nous avait offert un magnifique album produit et arrangé avec goût par Joseph Racaille.
Depuis, l'ordinaire de la vie a rongé l'envie musicale du chanteur. La sobriété a remplacé les insomnies et les nuits blanches. Beaucoup de textes magnifiques se sont noyés dans des chansons sans grande valeur depuis 2004. Chaotique, le héros brestois trouve le calme sur disque mais ses livraisons sont souvent inégales. Isolé dans son Finistère, l'air de la mer fait il du bien à cet écorché ?
Comment sont ses chansons dites ordinaires ? Des guitares saturées débutent un album où la voix est lancinante. Miossec susurre plus qu'il ne chante mais a des choses à dires. Il a toujours la morosité facile mais des textes joliment écrits. Il redoute toujours la solitude mais chante encore l'amitié.
On aime bien ses petites gueulantes et ses tournures de phrases. Pourtant musicalement les nouvelles chansons de Miossec sont un peu trop ordinaires. On entend des accents pop un peu trop dans l'air du temps.
Il tente des incursions rock mais ça semble aller un peu trop vite pour son chant si particulier, hors des modes et des clichés. Son discours est toujours aussi amusant et l'éclat noir de ses textes file parfois le frisson.
Mais la production ne va pas. On devine qu'il tente un nettoyage radical de son style, de ses habits sombres. Mais, au bout des douze chansons, le constat est un peu tristounet : c'est la cale sèche.