Quand la recherche du bonheur mène au drame...
Isabelle a quarante ans. Veuve, elle retourne avec son fils Samuel dans la maison de son enfance. Sa mère l’accueille avec toute sa bienveillance. Dans cette maison est hébergé un jeune homme de 15 ans, Michel. Rapidement et contre toute attente, une passion émerge entre Isabelle et Michel. Une passion qui ne vise qu’une chose : le bonheur d’une femme en crise et en reconstruction face à des conventions sociales qui lui ont volé une partie de sa vie.
Cet été là, à Socoa est un drame social de Claudette Lawrence remarquablement bien joué par Isabelle Jeanbrau, parfaite dans le rôle de la femme perdue en quête de bonheur. La force de l’intrigue est d’opposer quête du bonheur et immoralité. Une femme, mère, a-t-elle le droit d’être heureuse en étant amoureux d’un jeune homme de 15 ans ? Prise entre son rôle de femme séduisante et de mère, Isabelle navigue entre une identité régressive, elle n’a plus 15 ans, et l’authenticité d’un bonheur hors norme bien réel.
Ce tragique humain cherche à faire exploser les conventions sociales. La tension dramatique émerge et cette histoire flirte alors avec l’écriture et le genre de pièces telles qu’a pu en écrire Tenessee Williams. L’ambiance réaliste, les silences, tout est mis en jeu pour isoler la réflexion d’une héroïne qui cherche à se perdre pour mieux se retrouver.
La mère jouée par Catherine Day, donne un rythme pesant, une lenteur en contradiction totale avec l’énergie exhibée de la fille.
Cet été là à Socoa est une pièce bien jouée qui mérite d’être vue et entendue. L’émotion est réelle. On reste accroché à la passion et au jeu d’une Isabelle qui brûle sa vie, quitte à perdre celle des autres. Un joli drame à voir.
Sébastien Mounié
© Etat-critique.com - 05/04/2011