Avec Michael Fassbender, Liam Cunningham, Imogen Poots et David Morrissey - Pathe - 7 juillet 2010 - 1h35
Et ta critique ?
Pourquoi le dernier film de Neil Marshall, le réalisateur de The descent sort il à la sauvette? Réponse saignante dans cette chronique.
L'espoir est né avec The descent. Le britannique Neil Marshall est devenu grâce à ce film d'horreur féministe, le possible petit maître du cinéma de genre. On a vu en lui un nouveau John Carpenter. Son film suivant a tenté de suivre l'exemple du cinéaste américain: l'apocalyptique Doomsday était un navet hilarant, une version moyen âgeuse et stupide de New York 1997.
Depuis Marshall est attendu aux Etats Unis pour des séries B mais on a oublié qu'il avait un projet ambitieux de film historique anglais. Ou de comédie malgré elle! Car Centurion, armé de toutes les meilleurs intentions du Monde, est un nanar sanglant, incapable de raconter une histoire pourtant simple.
Des Romains qui poussent les limites de l'Empire dans le Nord de l'Europe n'arrivent pas à étouffer la résistance des Pictes, indigènes particulièrement belliqueux.
Un gentil centurion échappe à une véritable boucherie. Avec un petit groupe d'hommes, il tente de sauver les fesses d'un général en même temps que les siennes d'une Picte particulière douée pour renifler les traces de pas et débusquer le gibier... humain!
Centurion souffe alors de ce personnage sorti d'une mauvaise bédé, la louve. Jouée par une Olga Kurylenko (Quantum of solace) insupportable, le personnage est charismatique comme une mannequin dans une publicité pour shampoing. La moindre de ses apparitions transforme le film en comédie. Elle est juste risible. En bonne chasseuse, elle tue le film!
Marshall tente de régler un problème de montage. Son centurion, pourtant joué par le solide Michael Fassbender, acteur intense et physique, court sans trop savoir où il va. Ce film n'a pas de but, d'intérêt ou d'enjeux. Si ce n'est la survie de son héros. C'est peu. A la fin il finit avec une blonde incroyablement belle (elle est paysanne) mais bon, c'est très anecdotique. Le film rebondit de scène en scène sans aucun lien réel entre elles.
Si l'image est soignée (l'office du tourisme de l'Ecosse peut dire merci), Centurion se réduit à quelques bastons bien saignantes (filmées en plans serrés donc souvent illisibles). Provenant de l'horreur, Marshall fait pleuvoir des litres et des litres de sang sur ses acteurs.
Quelques gueules cassées (Liam Cunningham, David Morrissey) font oublier la vacuité de l'effort. On aurait aimé voir un 7 mercenaires version scottish. On a droit à une bouillie visuelle, trop remonté, qui justifie une sortie très discrète durant l'été.