Cette variation de Cendrillon joue la carte de la parodie sans jamais vraiment décoller. Si vous n’avez pas d’enfants à accompagner, passez votre chemin. Si vous en avez, envoyez la baby-sitter.
Quand on voit « Par le(s) producteur(s) de » sur une affiche, on peut craindre le pire. Si vous pensiez que les investisseurs étaient réputés pour leurs visions artistiques, admirez ce que les producteurs de Matrix ont fait avec Opération Espadon, et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Bâtissant sa promotion sur le succès des Shrek, Cendrillon… n’est qu’une pâle copie du concept. Admirez plutôt : une méchante belle-mère prend le pouvoir au pays des contes de fées et décide de transformer tous les «happy end» en cauchemars.
On retrouve tous les ingrédients du film pour enfants : petits animaux sympathiques, histoire d’amour, méchants très méchants. Si les tous petits pourront s’amuser, les plus grands regretteront le manque flagrant de second degré, de décalage et cette pointe de vitriol qui ont fait du gros ogre vert doublé par Austin Powers un modèle du long métrage d’animation parodique.
Le scénario est creux ; le rythme, absent et l’humour, inégal. Au niveau technique l’histoire de la création est révélatrice du résultat. Prévu à l’origine pour être un dessin animé traditionnel, les producteurs ont décidé à mi-chemin de tout refaire en 3D « parce que c’est ce qui marche » (sic). La qualité graphique s’en ressent, très nettement en dessous d’une production DreamWorks/Pixar.
Seul point positif, le casting vocal américain se tient bien : de Sarah Michelle Gellar (Buffy) à Sigourney Weaver (Alien), les voix collent au personnages. Ce n’est guère surprenant puisqu’il s’agit de la pierre d’angle du cinéma d’animation aux Etats-Unis (en effet les voix sont toujours enregistrées avant le passage au dessin, contrairement à ce qui se fait ailleurs). Comme le film s’adresse surtout aux préadolescents, il y a de grandes chances pour que vous alliez le voir en français. Vous aurez alors le privilège d’entendre la fille de Johnny Hallyday, Bruno Salomone et Dany Boon. Un autre savoir-faire en somme.
Au final, le temps passe difficilement et l’histoire ne laisse pas de souvenir impérissable. Pour le prix d’une soirée au cinéma, dirigez vous plutôt vers la section des livres pour enfants chez votre libraire préféré, vos enfants vous remercieront un jour.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 27/03/2007