RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Lundi 21 Mai 2012Musique

 Causes Perdues et Musiques Tropicales

Causes Perdues et Musiques Tropicales

Bernard LAVILLIERS

(Barclay - 2010)

Et ta critique ?




A 64 ans, il trace sa route, se moque des modes et joue plus le vieux sage que le gros costaud qu'on écoute.


Plus de 20 albums et toujours la même hargne. Bernard Lavilliers a retenu la leçon de son mentor Léo Ferré: la colère comme inspiration. L'artiste vieillit avec ce goût amer de la lutte acharnée.

Insurgé, Bernard Lavilliers est devenu à un moment de sa carrière une parodie de l'artiste engagé et la jeune génération se moque de lui avec bienveillance (cf. le hit des Fatal Picards) car son combat force le respect.

Boxeur, voyou, voyageur, rebelle, altermondialiste, les étiquettes s'accumulent sur les épaules larges du chanteur. Mais la conviction transpire quoiqu'il arrive. Le titre de son dernier album est très clairvoyant.

S'il aime la chanson réaliste, le Stéphanois apprécie les chaleureux sons d'Afrique ou d'Amérique du sud. La world music s'est toujours infiltrée dans ses textes impulsifs et combattifs. Cela a donné des chansons parfois kitsch. Ici, cela fonctionne quasiment sur tout l'album.

On voyage en compagnie d'une homme assagi mais toujours enragé par les injustices. Ouvert d'esprit, il s'enferme avec tous les travers de notre société. L'époque lui donne des idées de slams convaincants (Je cours ou Identité Nationale) et de sambas politiques.

Caricatural peut être, mais l'éloquence est revenue. Vieillissant, Bernard Lavilliers observe aussi le crépuscule de sa vie arriver. Quelques phrases y font référence. Ce sont les tripes du chanteur qui se couchent sur ces 12 nouveaux titres. Sa vérité est poignante. On devait sourire poliment à la foi militante de Lavilliers : on se retrouve ému et un peu con.

On pensait avoir fait le tour de ce drôle d'insoumis de la chanson française. Il offre un disque plein d'émotions, d'envies, de batailles et d'utopies.

On ne l'a pas perdu notre Nanard !



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 22/11/2010