Avec Halle Berry, Sharon Stone, Benjamin Bratt et Lambert Wilson - Warner Bros - 2004
Et ta critique ?
Nanars, chefs d'oeuvre, séries B, curiosités... Etat Critique vous offre une rétro de la décennie écoulée tout en dvd! On ne finira pas l'année sans évoquer l'un des grands nanars du siècle naissant!
Patience Philips est une artiste douée, mais maladivement timide. Cela veut dire qu'elle a des cheveux gras, une peau sale et des fringues taillés dans des rideaux. En fait c'est Halle Berry! Quelle actrice!
Elle se contente d'un modeste emploi de dessinatrice publicitaire au sein du conglomérat Hedare Beauty que dirigent le tyrannique George Hedare et sa femme, le légendaire top model Laurel.
Cette société se prépare à lancer LE cosmétique miracle censé procurer aux femmes un visage et un corps à jamais immaculés. Patience découvre que le produit ne possède aucune de ces vertus. Elle est froidement tuée par ses patrons avant d'avoir pu dénoncer l'imposture. Tout n'est pas perdu, cependant, car celle-ci ressuscite sous l'emprise d'une force mystérieuse.
Elle se réincarne, magnifiée, en une femme féline, sensuelle, d'une agilité et d'une force surhumaines : Catwoman... Libérée de ses complexes, elle commence par régler quelques comptes et s'offrir certains plaisirs trop longtemps négligés...
Si vous avez le plaisir du nanar, vous ronronnez devant ce machin indigne. Des renforts de capitaux apportés par les studios de la Warner; des têtes d’affiches à faire pâlir les plus grands réalisateurs et un réalisateur frenchy ayant collaboré sur de grands projets (Alien, la résurrection de Jean-Pierre Jeunet ou encore Jeanne d’Arc de Luc Besson) n’ont pas permis de relever le défi du "jamais vu". Ils ont gagné le pari du "jamais à faire".
Halle Berry surjoue avec un déhanchement agressif pour montrer qu'elle est une super héroïne féministe. Sharon Stone, sur la pente glissante d’une carrière en perte de vitesse, apparaît avec un spot dans la figure pour qu'on évite de voir ses rides. Les hommes dans le film ne servent à rien.
Le scénario non plus. Il a fini comme litière avant le début du tournage. Technicien, Pitof s'occupe de la réalisation digne du cinéma expérimental. Cela donne la nausée avec des mouvements intempestifs de caméra et des plans urbains tirés d'une mauvaise cinématique de jeu vidéo.
Entre la bouillie visuelle, une heure de Halle Berry, à la plastique trop parfaite, qui miaule devant ses nouvelles capacités de femme-chat et seulement une demi-heure d'intrigue débilisante, il ne reste pas grand chose. Justement, il en sort un navet pur jus, un dommage collatéral de la production hollywoodienne, une belle erreur industrielle. La médiocrité peut être un art bouleversant: le pathétique de Catwoman le prouve!