Le 21 janvier est un jour spécial pour Chan Marshall. Celui de l'anniversaire de la naissance de celle qui n'était pas encore Cat Power, il y a 36 ans en Georgie. Mais ce 21 janvier 2008 était aussi celui de la naissance de son nouvel album, Juke box, apparu le matin même dans les bacs et étrenné sans délai sur la scène d'un Bataclan qui affichait complet depuis plusieurs semaines.
Ambiance fervente et recueillie pour le retour aux affaires de la grande triomphatrice des deux années passées, à l'origine, avec The greatest en 2006, de l'un des albums les plus marquants de la décennie.
Scène plongée dans une pénombre intimiste, light show minimaliste, la catwoman de charme prend possession de la scène après que les quatre fabuleux musiciens qui l'accompagnent aient installé l'ambiance troublante et feutrée qui caractérise son dernier opus.
Fidèle au modèle, la voix grave et voilée en plus, la féline et son combo vont, une grosse heure durant, passer en revue la quinzaine de titres du Juke box de son enfance (l'album est composé presque exclusivement de reprises - et réinterprétations - de chansons de James Brown à Janis Joplin, de Bob Dylan à Nick Cave et de Billie Holiday à Hank Williams…).
Les amoureux transis de la belle Américaine, fidèles au rendez-vous sont captivés par sa sensibilité et son pouvoir d'évocation. Pourtant, enfouie quelque part dans la région du cœur de chacun, s'insinue le regret infini qu'un seul titre de l'album précédent ait les honneurs de la soirée.
Mais l'humeur facétieuse de la jeune femme et les roses reçues puis offertes au public en retour à l'issue des rappels seront autant de petits moments de grâce qui feront oublier "l'ingratitude" de l'artiste pour son chef d'œuvre passé.
Joël Fompérie
© Etat-critique.com - 28/01/2008