Avec Thomas Ngijol, Fabrice Eboué, Etienne Chicot et Stefi Celma - Mars distribution - 6 juillet 2011 - 1h34
Les commentaires
malbougla
Le 31/07/2011
Je suis désolé pour ceux qui avaient espéré voir un film où des Noirs se laissent prendre dans les mailles du filet d’un méchant blanc à cheval.
Ce film est un chef-d'œuvre à plus d’un titre. Ceux qui le critiquent devraient le revoir avec d’autres yeux. En fait, les déçus de ce film réagissent exactement comme l’ont voulu les auteurs de cette réalisation. Ceux refusent ce film, sous prétexte qu’il s’agit là d’une parodie, n’en a pas saisi le but.
Combien de Martiniquais, de Guadeloupéens, d’Africains nés en France connaissent leur propre histoire ? Je parle d’eux par ce se sont les plus virulents dans cette critique cinématographique. Certes, ils savent aujourd’hui que nos ancêtres n’étaient pas les Gaulois, mais il ne suffit pas de savoir cela pour croire que l’on est réconcilié avec son passé ! Combien de Martiniquais, de Guadeloupéens, nés en France, voire aux Antilles s’acceptent comme descendants d’Africains ? Combien se revendiquent pleinement d’être des descendants d’esclave ? Ne leur faites jamais l’affront de le leur dire ! N’est-ce pas ce que représente le Métis dans ce film tant décrié ?
Le Métis dans le film représente ce petit monde, si noir de peau soit-il, qui refuse de se considérer comme nègre. L’attitude de ce Métis est très parlante. Nègre lui-même, il s’adresse à sa sœur africaine comme à un chien. À l’inverse, l’Africain du film représente ceux qui acceptent et assument leur origine. Ce n’est pas par gaité de cœur qu’il accepte d’être giflé, mais bien parce qu’il a encore le respect des parents (ce qui a déjà totalement disparu aux Antilles françaises). Où peut-on constater un tel respect envers les Anciens sinon en Afrique ? Sachez d’où vous venez, alors seulement vous saurez où vous allez !
La rencontre entre ces deux frères, aux caractères diamétralement opposés, et leur projection au 21ème siècle est un coup de génie. Certes le langage décalé, déjanté entre ces deux siècles peut porter à équivoque, cela peut-être même hilarant, mais ce n’est pas là qu’il fallait focaliser son regard. Il fallait comprendre que le métis, refusant d’admettre la réalité veut se conduire comme les Blancs, alors que ces derniers n’en ont que faire de lui. Ça, c’est la dure réalité que nous vivons en France. L’Africain qui ne pense qu’à vivre, et à magouiller, n’est-ce pas une autre réalité du 21ème siècle dans notre pays ?
Comment faire pour quitter ce cauchemar ? Se réconcilier avec son passé. Leurs facéties n’aboutiront à rien, tant qu’ils resteront ignorants de leur passé. Connaitre son passé coûte que coûte, se réconcilier avec lui, quoique cela puisse leur coûter, leur permettra d’aboutir à un résultat concret.
N’est-ce pas ce que représente ce cachot dans lequel on aperçoit un enchevêtrement de chaines, et dans lequel ils se réconcilient enfin ? Tant que ce Métis et cet Africain, ces deux frères, n’avaient pas saisi le fin fond de leur histoire, ils ne pouvaient pas échapper à ce cauchemar.
Enfin, ne voyez pas le fait que cela soit un Blanc qui les renvoie dans le 21ème siècle comme une insulte. Celle qui envoie ces deux hommes dans le 18ème siècle est une femme Noire. Cette femme est le symbole des Noirs qui livraient leurs frères aux négriers. N’est-ce pas nos frères Noirs qui ont livré leur frère aux négriers ? Le Blanc qui souffle sur les deux frères pour les renvoyer au 21ème siècle représente celui qui a osé se dresser contre le système esclavagiste. N’est-ce pas un Blanc, en la personne de Victor Schœlcher, qui a rendu la liberté aux esclaves ?
Revoyez ce film en essayant de l’analyser. Vous gagnerez beaucoup plus à le comprendre, plutôt qu’à le critiquer tous azimuts, sans avoir cherché à comprendre son sens profond.
Les visiteurs vous ont-ils fait bondir autant ? Bien sûr que non. C’était un autre contexte. Là, vous avez raison.
Et ta critique ?
Les protégés de Jamel s'émancipent. L'idée est très bonne mais le manque d'expérience fait de Case départ, une petite comédie qui n'ose pas assez être un vrai film de cinéma.
Ca fait tout de même du bien de voir une comédie taper un peu sur le communautarisme à la française. Ils font sourire les anciens du Jamel comedy club en imitant les petites racailles de banlieue ou les adeptes de l'intégration forcée.
Des banlieues chaudes aux universités d'été de l'UMP, difficile de se faire une place dans une société qui a le réflexe raciste un peu trop facile. Fabrice Eboué et Thomas Ngijol tapent sur tous les travers de la France sous Sarkozy. Ils visent souvent juste. Hélas comme arme de destruction massive, ils ont choisi le bazooka.
Ce qui n'est pas forcément une bonne idée lorsque qu'on réalise un Retour vers le futur version antillais. L'élément fantastique devient le déclic pour montrer que la France tu l'aimes ou tu la quittes mais à une certaine époque, la quitter était une chose impossible si tu étais esclave.
Joel et Régis sont demi frères. Joel sort de prison et en veut à la société entière. Régis ne veut pas entendre parler de ses racines noires. Il s'accroche à son poste de conseiller de mairie avec une intransigeance qui ressemble à du zèle.
A la mort de leur papa, ils déboulent aux Antilles et horrifient leur vieille tante. Elle leur jette un sort et les deux lascars se retrouvent coincés en 1780. Ca va leur donner une bonne leçon. Et on comprendra que le racisme est une vieille tradition française.
La sorcellerie est un vieux poncif sur les îles et nos deux comiques s'en servent pour dénoncer d'autres clichés, plus inquiétants, sur les moeurs françaises. L'ambition est louable mais maladroite. D'autant que le cinéma demande quelques efforts visuels que les compères, aidés à la réalisation par Lionel Steketee, n'ont pas du tout.
La direction d'acteurs s'apparentent à un concours de grimaces (en finale: Thomas Ngijol contre Franck Lapersonne). La reconstitution historique est un peu légère.
Le récit finit aussi par lasser. Au bout d'une demi heure, une fois remontés le temps, les héros ne savent plus quoi faire si ce n'est subir un sort scandaleux. Dans le dernier quart d'heure, ils ont enfin trouvé leur objectif pour rentrer, et le film, se conclure.
Entre temps, Eboué et Ngijol se font plaisir à taper sur les crétins en tout genre, qui se cachent derrière des mots et des poses pour assumer leur médiocrité. Ca change un peu des comédies formatées qui ne disent rien pour ne pas offusquer le téléspectateur de TF1. On aurait aimé un film inattaquable. Hélas, il ne s'agit ici d'un sketch qui dure un peu trop longtemps.