Transformers exalte la voiture, symbole américain par excellence. Pour ce mois d’août, etat-critique vous propose une petite sélection dvd où les véhicules sont essentiels, où le talent sort des sentiers battus ! Cette semaine, prenons la route des grands espaces américains avec Cars.
La vitesse. L’exploit. La gloire. Les premières minutes de Cars font peur avec ces courses de Nascar complètement folles. Heureusement nous sommes chez Pixar. John Lasseter et ses informaticiens profitent de la technique pour apporter de l’humanité là où on ne l’attend pas.
Le Nascar a la vilaine réputation d’être le sport des rednecks (les beaufs du sud). Avec Pixar, c’est une grande piste de jeu avec un délire anthropomorphique où tout véhicule s’humanise. Le premier exploit de Cars c’est de rendre expressif ce qui par nature ne l’est pas.
La suite du film confirme cet énorme travail : on se prend rapidement d’affection pour ces petites voitures. Flash McQueen est un bolide prétentieux et doué sur les pistes de vitesse. Se rendant à une course, il se perd dans une petite ville et découvre d’autres véhicules qui n’ont pas les mêmes centres d’intérêt que lui. Pris au piège, il doit rester dans cette petite ville perdue, loin des autoroutes et il se rend compte qu’il n’y a pas que les trophées dans la vie.
Lasseter et ses auteurs régalent le spectateur. Avec un scénario classique, ils proposent un beau moment de sensibilité et d’humour. Cars repousse les limites de la technique mais surtout cherche l’élégance. En partant d’un sujet très américain, le film réussit à atteindre les cœurs et à la surprise générale, Cars est un film réellement touchant. Film d’animation, l’artifice sert ici quelques vérités bien senties et c’est toujours une sensation impressionnante lorsqu’un film tout en synthèse parvient à toucher à ce point le spectateur.
Au-delà des leçons de vie, le film est une hilarante parodie de la vie américaine et un hommage affectueux aux grands mythes américains. Les paysages sont saisissants et les voitures, clichés sur roues, sont d’une drôlerie étonnante.
Contre toute attente, Cars fuit la virilité d’œuvres comme Death Race, Le Mans, Jours de tonnerre, Michel Vaillant (qui rigole?) ou le pitoyable Driven et réussit un spectacle universel et délicat. S’émouvoir devant une voiture, sans être fan de tuning, voilà le pari facilement relevé par Cars !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 04/08/2007