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Lundi 21 Mai 2012Cinéma

 Carancho

Carancho

Pablo TRAPERO

Avec Ricardo Darin, Martina Gusma, Carlos Weber et Jose Luis Arias – Ad Vitam – 2 février 2011 – 1h45

Et ta critique ?




Polar noir et social, Carancho est sauvé par une très belle histoire d’amour. Autrement, le noir devenait carrément opaque.


La Carancho du titre est bien connu en Argentine. Il s’agit d’un avocat véreux qui  s’occupe des accidents de voiture. Il s’en occupe au point d’en provoquer pour faire payer les assurances et corrompre quelques commissaires et policiers.

Saso appartient à cette catégorie peu glorieuse de juristes. Au bout du rouleau, il doit éponger des dettes. Il jongle alors avec des affaires glauques. Tout juste un scrupule vient éblouir son regard bleu mais très fatigué. Il aimerait tirer sa révérence mais ne sait pas comment faire.

Il trouve la motivation auprès de Lujan, une jeune interne qui se drogue pour résister à des gardes de plus en plus sordides. Les deux paumés vont tomber amoureux l’un de l’autre et vont tenter de s’échapper de ce monde nocturne et violent…

On baigne en plein film noir. La déprime guette autant le spectateur que le réalisateur. Pablo Trapero décortique cet univers mafieux avec un sens du réalisme éprouvant. Des garages humides aux hôpitaux crades, il fait infuser deux âmes blessées au cœur d’un système parallèle, sans pitié.

Heureusement il y a cette jolie histoire d’amour bien cabossée. Les deux acteurs principaux sont magnifiques. Ricardo Darin (déjà remarquable dans Dans ses yeux) est un animal blessé mais jamais abattu. Martina Gusman impose une grâce bienvenue dans ce monde cruel et réel (la première cause de mortalité en Argentine est l’accident de voiture).

Sans ces deux là, le film serait vraiment opaque, même incompréhensible. On devine mal les tenants et les aboutissants. Filmé dans l’urgence, le film pourrait être un peu roublard. Mais la fragilité de ses héros fait vibrer et réveille le romantisme du film noir. Rude et tragique, Carancho est une descente aux enfers qui secoue !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 08/02/2011