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Lundi 21 Mai 2012Cinéma

 Caramel

Caramel

Nadine LABAKI

Avec Nadine Labaki, Yasmine Elmasri, Sihame Haddad et Joanna Mkarzel Bac films – 15 aout 2007 – 1h34

Et ta critique ?




La femme libanaise est un peu perdue entre l’Occident et l’Orient. La réalisatrice Nadine Labaki fait ce constat avec sensibilité et élégance. Ce premier film a de la saveur et éveille les autres sens. Gourmand !


Layale tient un salon de beauté à Beyrouth, dans un quartier populaire. Elle est belle et fière. Pourtant la coiffeuse a un cœur en sucre ! Sa vie sentimentale se réduit à des coups de téléphone avec un amant, homme marié et assez lâche. A part quelques rendez vous à la sauvette, la jeune femme vit une énorme frustration.

D’autant que les mœurs au Liban sont sévères. Deux personnes dans une voiture, cela peut être un attentat à la pudeur. C’est ce que découvre Nisrine et son fiancé.  Employée de Layale, c’est aussi son amie et elle va bientôt se marier. Cependant elle a un lourd secret.

Tout comme Rima, la shampouineuse attirée par une cliente, Jamale, actrice qui assume mal son âge ou Rose, qui s’occupe de sa vieille sœur azimutée. Toutes ont des joies et des peines. Toutes s’observent, se soutiennent et s’entraident.

Le trait est un peu caricatural. Ce n’est pas une parodie orientale d’Almodovar mais tous les personnages donnent une impression de déjà vu. A travers quelques femmes, Nadine Labaki (sensuelle dans le rôle de Layale) veut montrer la condition féminine dans son pays et fustige un peu trop lourdement le machisme et la raideur de l’état.

Des scènes font mouche et d’autres agacent, tellement la cinéaste s’obstine à défoncer des portes ouvertes. Cependant ces défauts sont gommés par une générosité à toute épreuve, féminine et orientale. L’image est douce et la lumière joliment travaillée. L’artifice sert à caresser des êtres pudiques. Les silences et les regards sont élégants et particulièrement touchants. Un vieil homme qui boit un café devient un spectacle tendre.

Des passages anodins comme celui-ci, il y en a beaucoup dans le film et permettent d’oublier le discours féministe un peu réducteur.  S’il y a des clichés, le film présente surtout l’importance de la femme,  de sa beauté jusqu’à ses faiblesses. Dans une société aussi tourmentée que le Liban, on imagine que Caramel est une œuvre courageuse. Certes un peu trop sucrée. Avec un tel titre, il ne faut pas être surpris !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 17/08/2007