A une époque, Roland Joffé réalisait de nobles films comme La déchirure ou le célèbre Mission, palme d’or en 1986. Désormais, il copie avec maladresse la trilogie Saw et offre une insignifiante série B. Imaginez le pire dit l’affiche : elle a raison !
En 2000, le film Vatel, avec Gérard Depardieu et Uma Thurman prend une claque au box office et agace la presse. Tout le monde se demande où est passé le réalisateur de Mission, perdu dans des films impersonnels et sans saveur. Le bide du film est tel qu’il faudra à Roland Joffé, sept ans avant de revenir derrière une caméra.
Durant ces sept années, il a dû se laisser aller : son nouveau film mérite le plus beau des bides. Que le cinéaste veuille se confronter à un genre défini, pourquoi pas ? Qu’il imite sagement les pires effets du cinéma commercial, franchement non !
Roland Joffé fait son Saw bien à lui : une mannequin se réveille dans un lieu mystérieux, qui appartient à un serial killer esthète. Ce dernier la martyrise avec des pièges complètement tordus et pas du tout crédibles. Bien entendu, il y a des retournements de situation prévisibles et de la violence gratuite.
La meilleure idée du film est de faire hurler la blonde Elisha Cuthbert. La fille de Jack Bauer dans 24 heures chrono s’époumone avec un certain talent et fait visiblement beaucoup d’effort pour croire à cet improbable kidnapping.
Le reste sent le réchauffé à plein nez. La réalisation est aussi vaseuse que les derniers Saw. C’est assez moche à regarder et les tics visuels sont agaçants. Pour la défense de Joffé, le film sent à plein nez le remontage de producteurs.
Cependant, c’est très décevant de retrouver un homme qui avait de l’ambition (Mission tout de même) être réduit à un rôle de simple faiseur pour un petit film d’horreur, débile et complaisant. Il faut sortir cet auteur de l’esclavage hollywoodien : libérez Roland Joffé !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 10/08/2007