Un mormon qui devient star du porno après avoir trouvé une arme qui déclenche un orgasme à distance peut-il faire l’objet d’un bon film ? Quand ce sont les créateurs de South Park qui sont aux manettes, on peut aisément répondre oui.
Tout commence avec un générique typique des productions labellisées Marvel : des images de comics défile sur fond de rock violent. Mais que l’on ne s’y trompe pas, les paroles annoncent la couleur : « Qu’est ce qui fait un homme ? Est-ce la femme qu’il tient dans ses bras, juste parce qu’elle a une grosse poitrine, ou est-ce le combat du quotidien ? Non, c’est sûrement la grosse poitrine… ».
Joe Young a tout pour être heureux : une fiancée coincée dans le Sud profond des Etats-Unis qui attend patiemment le mariage pour s’abandonner aux plaisirs de la chair, une petite gueule d’ange et une vocation spirituelle qui le pousse à sonner à toutes les portes d’Hollywood pour répandre la bonne parole.
Tout se serait bien passé s’il n’avait pas frappé à la mauvaise porte. Ayant pénétré dans l’antre du vice après une démonstration d’arts martiaux (l’éducation mormone est plus complète que ce que l’on pouvait croire), on lui offre un rôle dans une production très particulière qui lui permettra de convoler en justes noces bien financées. Doublé dans les scènes les plus intenses, Joe va accepter à contrecœur.
Devenu le capitaine Orgazmo doté du rayon orgasmique, il va rapidement devenir une célébrité du milieu malgré sa volonté d’anonymat. Les choses vont encore plus se compliquer quand notre mormon reçoit un instrument de travail loin d’être factice. Il ne lui restera plus qu’à embrasser sa destinée de super-héros, qui se situe comme le niveau du film en général, en dessous de la ceinture.
Entre anti-conformisme américain et refus de la fausse pudeur, le film ne va peut-être pas assez loin dans son traitement, ne permettant pas une lecture sur plusieurs degrés. Mais ne cherchons pas ici un quelconque intérêt intellectuel aux aventures du capitaine Orgazmo, la gaudriole est reine de tout ce petit monde.
Sorte de croisement improbable entre Boogie Nights et Zoolander, ce délire visuel ne satisfera sûrement pas tous les publics mais ne laissera personne indifférent. Si vos années de collège ne vous ont jamais vraiment quittées, autorisez-vous un petit plaisir coupable en allant voir ce bijou d’humour crade et odorant.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 20/07/2007