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Lundi 21 Mai 2012Cinéma

 Capitaine Alatriste

Capitaine Alatriste

Augustin DIAZ YANES

Avec Viggo Mortensen, Elena Anaya, Ariadna Gil et Eduardo Noriega - Metropolitan filmexport - 25 juin 2008 - 2h24

Et ta critique ?




Les défauts majeurs des grandes fresques historiques résident souvent dans la longueur et le classicisme du traitement. Il faut reconnaître que si le film est effectivement dense, il est bien traité.


Des Flandres à l’Afrique du Nord, l’empire hispanique tente de maintenir son emprise dans un monde qui se tourne vers les colonies et abandonne peu à peu ses velléités de conquête. C’est dans l’actuelle Belgique que nous rencontrons un groupe de vétérans espagnols cherchant à prendre un avant-poste dans une brume épaisse. À leur tête, le capitaine Alatriste, farouche guerrier à la renommée grandissante.

Au gré des batailles et des missions occultes, nous suivrons la vie d’un soldat et mercenaire qui tiendra jusqu’au bout son épée pointée vers l’ennemi. L’écriture de l’Histoire est vue, non pas par les yeux des puissants, mais à travers les actions d’un mercenaire cynique et de ses amis plus ou moins influents.

Il ne s’agit pas ici de représenter une vérité historique avec moult détails géopolitiques, mais plutôt d’envisager la fin d’une époque, celle de la Grande Espagne, d’un point de vue humaniste. Le contexte social est donc prépondérant et le pouvoir, dépeint sans fard, qu’il s’agisse d’une monarchie belliqueuse ou d’un clergé organisant l’Inquisition à des fins politiques.

À la fois film de cape et d’épée ainsi que film de guerre, le récit est parfois trop confus. Les intrigues politiques, les complots et les trahisons sont légions et il est difficile de s’y retrouver parmi la multitude de protagonistes qui se croisent au cours des nombreuses années que couvre ce long-métrage. Mais cela ne doit pas en faire oublier ses multiples qualités.

La réalisation classique permet de tenir l’ensemble de façon convaincante dans une Espagne du XVIIème siècle parfaitement reconstituée. Il subsistera quelques longueurs qui, au vu de l’ampleur de la tâche, n’auront rien de choquant. Comme dans Barry Lindon, on assiste à des plans fixes comme autant de tableaux de maîtres flamands où la lumière joue un rôle prépondérant. Le résultat est magnifique même si le procédé semble parfois forcé.

Alors que les films européens peinent à arriver en France, on pourra remercier les journées européennes du cinéma et l’engouement récent pour les productions hispanophones qui ont ouvert une brèche chez des distributeurs frileux. Autre atout, la présence d’une star internationale (Viggo Mortensen) en espagnol dans le texte. Sa prestation étant de qualité, pas de quoi crier à l’affront culturel pour nos voisins du Sud.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 25/06/2008