RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Lundi 21 Mai 2012Art-scène

 Can We Talk About This ?

Can We Talk About This ?

Lloyd NEWSON et Cie DV8

du 28 septembre au 06 octobre 2011 durée : 1H30

Les commentaires

Al

Le 07/10/2011

Lloyd Newson nous pose une question "Can We Talk About This?". Et c'est avec cette question qui nous trotte dans la tête que nous sortons de ce spectacle. Peut-on s'exprimer librement? Parler de l'Islam, comme d'autre chose? Le chorégraphe n'entend pas nous donner de réponse. Voici un petit extrait d'un article paru dans l'édition de Télérama du 08 octobre dont je partage à 100% le point de vue: "Le retour du dogmatisme religieux n'est pas l'apanage du seul islam - se dit-on à l'issue du spectacle -, mais c'est en creusant cette seule piste que Newson et sa compagnie DV8 [...], provoquent et forcent à penser plus loin que l'horizon tranquille du politiquement correct.

Et ta critique ?




 

 

Une belle leçon d’islamophobie !

 

Le ton est donné dès le départ lorsque l’un des danseurs interroge (en anglais) les spectateurs pour savoir s’ils se sentent moralement supérieurs aux Talibans et lorsqu’il affirme que lui, oui. Les presque deux heures du spectacle seront consacrées à démonter méthodiquement l’islam et les islamistes, voire les musulmans.

 

Le chorégraphe australo-anglais déroule son unique idée pendant toute la durée du spectacle, avec un effet hypnotique pas forcément convaincant. Le propos de Lloyd Newson apparaît trop partial, trop manichéen et surtout trop répétitif pour emporter l’adhésion.

 

Comme le spectacle repose sur une seule idée, les non-anglophones pourront se passer des sur-titrages (et du torticolis qui va avec !) pour se concentrer sur une danse et une musique aussi hypnotiques que le discours peut être logorrhéique. Une danse simple, mécanique, mais terriblement belle : les danseurs un peu raides tanguent d’une jambe sur l’autre comme des culbutos.

 

On pourra oublier les moments où les danseurs se courent après. Par contre, on gardera en mémoire les moments où seule la tête des danseurs bouge ou encore le très beau duo entre une danseuse relativement âgée, dignement et droitement installée sur un danseur qui lui sert de fauteuil et qui la porte de façon poétique. Moment fort également lorsqu’un danseur nous parle en défiant l’apesanteur, tête en bas ou assis sur l’arrête verticale d’un mur.

 

Au fond, Lloyd Newson nous enferme dans un syllogisme : si l’on ne peut rien dire sur l’Islam, c’est parce que les islamistes nous terrorisent. Et si vous n’êtes pas d’accord pour dire du mal de l’Islam avec le chorégraphe, c’est parce que avez peur.

 

Le propos de DV8 est simple, voire simpliste. Bien sûr qu’on ne peut que fustiger et désapprouver les dérives extrémistes de l’Islam. Il semble même devenir de bon ton de critiquer cette religion (voir les Houellebecq, Zemmour et autres Michel Onfray). Mais une fois qu’on a fait le constat que l’islam c’est mal, qu’est-ce qu’on fait ? Une croisade ?

Est-on seulement bien sûr que la société occidentale puisse donner des leçons ? Les intégristes musulmans rejettent la théorie de l’Evolution ? Certes. Mais du côté occidental et chrétien, les américains créationnistes n’en sont-ils pas au même plan ? La question n’est pas posée, le spectacle se focalise sur l’Islam(isme) comme la grande cause de tout. Et c’est comme ça que je me retrouve à défendre des types que je réprouve ! Merde !


Thibault Dablemont

© Etat-critique.com - 06/10/2011