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Lundi 21 Mai 2012Livre

 Calcutta

Calcutta

Sarnath BANERJEE

Traduit de l’anglais par Claro - Denoel Graphic – 286 pages

Et ta critique ?




Entre modernité décadente et légendes de l’Empire, Calcutta célébre l'irrationnalité où il est bon de se perdre.


Le héros doit hériter d’un livre, Les tribulations du chat huant. De Londres, Pablo doit se rendre à Calcutta, ville cinglée où les rencontres sont obligatoirement bizarres. Car la ville est au carrefour des civilisations, des époques et des légendes.

Pablo, emmêlé dans une histoire de cœur compliquée, doit partir pour toucher son héritage et il va recevoir bien plus que quelques objets appartenant à son grand père. Calcutta est une ville généreuse. Elle a bien des histoires à conter à ceux qui veulent les entendre.

Puisqu’il veut mettre la main sur son livre, Pablo va donc découvrir les babus loufoques, indiens au comportement typiquement britannique. Les fantômes viennent à sa rencontre pour lui raconter les histoires que l’on voudrait faire taire sur l’Inde et son passé. Le dessin devient photo. La fiction croise la réalité. Le faux et le vrai s’affrontent sur les planches fiévreuses de l’auteur.

La découverte de Calcultta oblige le lecteur à se laisser porter. L’imagination de l’auteur est fertile et veut englober la cité dans une promenade détachée du réel. La balade est donc temporelle. On voyage dans le temps pour rentrer un peu plus dans les absurdités de la ville.

Effectivement, Sarnath Banerjee fait un passage à Paris puis joue avec les faits historiques  de Calcutta et les anecdotes plus ou moins vérifiables. Les Indiens comme les Anglais font preuve d’un sens de la décadence qui relève de la pure folie et entraine le récit dans une pyramide d’extravagances.

Sur 400 pages, c’est un peu fatiguant pourtant la bédé permet de sentir l’air de la ville, ce grain de folie qui fait sa spécificité. Il y a les vieilles traditions ancestrales qui s’entrechoquent avec les manies anglaises plus l’arrivée d’une vraie modernité.

La narration laisse la linéarité s’écroulait pour mieux exprimer une vérité autre, palpable que dans le joyeux délire que représente l’histoire de la ville et ses habitants. Si on le veut, Calcutta est une œuvre vraiment enivrante. La passion de l’auteur de se devine dans chaque coup de crayon. Ce n’est pas facile d’accès mais cette bande dessinée peut vous emmener au Nirvana.

 


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 15/07/2011