Avec Simon Pegg, Andy Serkis, Isla Fischer et Jennifer Hynes - La Fabrique - 31 aout - 1h32
Et ta critique ?
Après les Blues Brothers, John Landis fait un retour discret avec des blood brothers. Inconséquent et sympathique.
Quel plaisir de retrouver l'ambiance crade d'un bas fond britannique du XIXe Siècle! Nos voisins d'Outre Manche avaient le chic pour tolérer la crasse, l'humidité et les ordures, matérielles comme humaines.
William Burke et William Hare sont de gentilles ordures (ce sont de vrais personnages historiques). Des petits escrocs qui tentent de survivre dans l'effervescence d'Edinbourg, ville connue à l'époque pour ses écoles de médecine. La rivalité entre docteurs est grande. La matière première de ces établissements réputés: le cadavre frais, prêt pour le découpage!
Burke et Hare découvrent la demande est grande tandis que l'offre doit se résoudre à des morts naturelles. Ils décident de se lancer dans ce juteux marché...
L'Américain John Landis, réalisateur des Blues Brothers et du Loup Garou de Londres, est très à l'aise dans la reconstitution de l'Ecosse du milieu du XIXe. Réalisateur peu prolifique, il prend du plaisir à filmer les deux petites frappes et leurs combines dans un décor labyrinthique, un peu gothique et très référentiel.
Il profite de cette macabre comédie pour rendre hommage au ciné de la Hammer et des années 50. On croise dans les dédales de la sombre ville l'acteur indestructible Christopher Lee, le globuleux Tim Curry ou le maître des effets spéciaux Ray Harryhausen. Avec de l'attention, on reconnaitra aussi Costa-Gavras ou Michael Winner, le réalisateur du Justicier dans la ville.
Joyeux drille, Landis aime le cinéma et le fait savoir. Cinéphile, il place de nombreux clins d'oeil. Roublard, son second degré lui permet d'assumer une filmographie inégale (Je vous jure que le Flic de Beverly Hills 3 est nettement plus subversif qu'on le croit) et de nombreux échecs hollywoodiens.
Ca n'a jamais fonctionné entre John Landis et l'industrie du cinéma. Il est donc désormais exilé en Angleterre et retrouve visiblement la joie de filmer des petites histoires bourrés d'ironie et de références.
Aidé par les comédiens, son film tient plutôt la route. Ce n'est pas un retour en fanfare. Cependant Cadavre à la pelle est une comédie simple et estimable. Le scénario s'éparpille un peu trop sur les amours des deux héros mais se révèle jubilatoire dès qu'il est question du business des "sujets d'anatomie".
Sans prétention, Cadavres à la pelle se permet même un parallèle étrange avec l'oeuvre des fripouilles et l'art (il est beaucoup question de théâtre et de photographies). Plus que la critique évidente du capitalisme, c'est cette analogie qui trouble le plus. Mais il n'y a pas des grandes théories à découvrir dans cette comédie noire. C'est juste un petit plaisir honteux qui ne faut enterrer trop vite! Pardon, c'était trop tentant!