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Lundi 21 Mai 2012Art-scène

 COURTS-CIRCUITS

COURTS-CIRCUITS

François VERRET

du 17 au 19 novembre 2011 Théâtre de la Ville

Et ta critique ?




 

François Verret  présente sa nouvelle création : résolument politique.

 

Pour son propos formel radical, Courts-Circuits combine de manière tout à fait réussie le théâtre, la danse et la musique. La composition de la scène est divisée en deux parties derrière lesquelles deux écrans projettent des flammes ou des reproductions du jeu des comédiens sur le plateau. Deux parties complémentaires sur lesquelles les acteurs alternent leur jeu, fait de récitation et de mouvements débridés. Et au centre, vers l’arrière de la scène, la place est laissée à la musique live : des percussions et un piano.

 

Les comédiens s’agitent et clament, en russe, en espagnol, en italien. Tout dépeint un malaise absolu, une humanité bouleversée à jamais et, à la fois, tout renvoie à l’actualité politique et économique, à la crise, la précarité, la guerre.

 

La nouvelle création de François Verret est un cri de désespoir lucide. Les personnages qui défilent sur la scène sont énigmatiques et forcenés, ridicules et inquiétants, la musique qui les accompagne est hypnotique et angoissante.

 

Le présent et le passé se rejoignent : on y voit Marylin Monroe, Napoléon et Hitler, on entend, entre autres, Pasolini. Les comédiens s’emparent de ces personnages symboliques en traversant la scène, tels des fantômes de l’histoire humaine, une histoire nietzschéenne qui revient hanter le présent.

 

La radicalité du contenu politique de l’œuvre de Verret reste en partie obscure et hermétique. Aucune narration, aucune logique évidente dans l’ordre des apparitions. Et pourtant, ce désordre fait partie intégrante du cri lancé tout au long de Courts-circuits.

 

La pièce dérange, met mal à l’aise, elle nous laisse perplexes et troublés. Par moment, l’excès dans l’enchaînement des rythmes et des éléments donnés à voir nuit à leur efficacité. Pourtant, cela est le but du metteur en scène : remuer les questions d’actualité pour déconcerter le public dans la recherche du sens, ébranler la position d’observateur du spectateur qui assiste à la création, et finalement crier de rage et de frénésie.

 

http://www.francoisverret.com/

 

 

 

 


Gloria Morano

© Etat-critique.com - 23/11/2011