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Lundi 21 Mai 2012Art-scène

 C'est mon tour

C'est mon tour

Sophie MOUNICOT

Théâtre des Mathurins - 36 rue des Mathurins, 75008 Paris - Du mardi au samedi à 21 heures

Et ta critique ?




Sophie Mounicot est à l’affiche du Théâtre des Mathurins jusquà fin juillet. Tout le monde en parle et s’extasie. Et pourtant, il n’y a pas de quoi !


Parfois, c’est long, une heure et demie. C’est long quand on s’ennuie. Et pourtant, je m’étais préparée, j’étais ravie. J’avais remarqué son joli blouson vert sur les affiches dans le métro. Elle m’avait fait rire dans H et sourire comme médecin légiste râleuse dans Eloise Rome.

Surtout, je me disais qu’avec des textes de François Rollin, ça devait être un bon moment. D’autant plus que l’idée, une échelle de valeur nouvelle, l’échelle Mounicot, était amusante en soi.

D’emblée, une partie du public semblait acquise à sa cause. À croire que tous ses amis et sa famille étaient venus en masse la voir. La salle était pleine, certes, et j’étais décidée à rire. Je n’y suis pas parvenue.

D’accord, elle bouge sur scène, elle sait se déplacer, et même si elle a quelquefois des trous, des oublis, même si sa diction est un peu hésitante, c’est toujours une performance d’acteur que de tenir une heure et demie.

D'accord, la mise en scène, avec le ticket, les sièges stylés, les bruits de fond et les éclairages atypiques, constituent des trouvailles intéressantes.

Mais cela n’évite pas les clichés, les impressions de déjà-vu. De grâce, quand cessera-t-on de voir sur scène des femmes qui nous parlent de leur solitude affective, des hommes et de leurs travers, des enfants et de leurs défauts, sans parler de l’inévitable plaisanterie sur les filles superficielles, et les dérives scatos ?

Les textes sont un peu confus, on retrouve la patte de Rollin, mais pas au mieux de sa forme, et les mots grossiers qui émaillent sans cesse le spectacle lui confèrent une pesanteur terrible.

Certes, tout Paris ou presque s’extasie et y court, les médias se pâment. Moi, j’ai un peu perdu mon temps…


Marie Léon

© Etat-critique.com - 18/06/2008