De la pop anglaise nourrie au psychédélisme : la musique des Coral puise toujours aux mêmes sources qu’à leurs débuts en 2002, même si elle s’est assagie et aseptisée.
Apparus sur la scène pop britannique avec le fringuant single néo-ska « Dreaming Of You », The Coral, groupe de Liverpool, en est désormais à son sixième album.
Presque dix ans plus tard, leur musique fleure toujours la britpop éternelle, nourrie au lait des sixties, du psyché au glam, en passant bien sûr par tous les groupes qui avant eux ont puisé à la même source : XTC, Prefab Sprout et le fourmillement des années 88-93 où les Stone Roses, La’s, Happy Mondays, Suede et autres réinventèrent le genre.
On y retrouve un solide savoir-faire pour concocter des mélodies, couplets et refrains qui savent vous accrocher l’oreille, et une production luxuriante, dans la lignée du néo-psychédélisme qui a toujours été leur marque de fabrique. Voix célèstes rappelant les Byrds, orgues sixties, alternance d’ambiances planantes et de passages plus musclés (savante alternance de guitares acoustiques et électriques, de sons clairs et saturés), l’album, plutôt homogène, s’écoute facilement, comme du petit lait.
Une musique finalement un brin surannée (ou intemporelle pour les amateurs) rappelant fort le tournant 80-90 évoqué plus haut. C’est là, dans ce manque d’identité sonore forte, qu’on atteint la limite de l’album : les Coral se sont nettement assagis, et à part peut-être à la fin de l’album, on peine à retrouver l’étrangeté et la fraîcheur des deux premiers (et excellents) albums du groupe. La production ultra-léchée, en fait un peu trop, et surtout donne un côté aseptisé à l’album, très fin des années 80.
On se rend compte au fil de l’écoute que originalité n’est plus au rendez-vous. Remarquez, ce n’est pas non plus indispensable, l’originalité, mais c’est aussi de la personnalité qui manque parfois à ce disque, même si maturité et savoir-faire sont toujours au rendez-vous.
Sur la fin du disque, avec notamment le bon single psychédélique 1000 Years ou la ballade Coney Island , on retrouve la flamme d’antan, l’espièglerie et le sens mélodique qui font le meilleur de ces cinq garçons de Liverpool.
D’ailleurs, à propos, ils n’oublient pas de citer leurs illustres aînés du coin : l’intro du dernier morceau , North Parade , reproduit exactement l’accord qui ouvre Hard Day’s Night , non ?
Ou alors c’est mes oreilles, pour paraphraser Michel Blanc à Saint-Lazare…