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Lundi 21 Mai 2012Cinéma

 Bully

Bully

Larry CLARK

Avec Brad Renfro, Bijou Philips, Nick Stahl et Michael Pitt - Studio Canal - 2001

Et ta critique ?




Il y a dix ans... Bully choquait le public et rappelait la détresse de la jeunesse américaine.


Difficile de résumer l’histoire de Bully…

On pourrait facilement réduire le film à l’histoire d’une bande de jeunes qui tuent l’un des leurs et s’attendre à une copie de Souviens toi l’été dernier, ou autre film de jeunes assoiffés de meurtres et de vengeance. Mais Bully n’a rien à voir avec ces films à suspens et à gros budget et l’objectif avoué du réalisateur est d’apporter le témoignage sur une jeunesse américaine décadente, sorte d’anti-Beverly Hills. Il s’agit, en fait, de la version filmée d’un fait divers survenu aux Etats-Unis, qui a conduit, en 1993, un jeune de vingt ans à la chaise électrique et la plupart de ses complices à une prison à vie.

Bully, c’est en fait l’histoire, comme son nom l’indique de "voyous". Marty et Bobby semblent inséparables, liés depuis l’enfance par une amitié perverse. Ensemble, ils passent leurs après-midi à surfer, à boire et à fumer. Marty et Bobby sont presque dépendants l’un de l’autre, et c’est cette exclusivité qui va pousser Marty à haïr son compagnon au point de préparer sa mort.

Dès les premières images, on comprend que le réalisateur ne cherche pas à excuser cette jeunesse décadente, ni même à expliquer ce qui peut pousser une bande de jeunes, sans ambition et visiblement dépourvus de toute intelligence, à tuer l’un des leurs. Larry Clark se contente simplement de montrer les faits et il le fait bien, en utilisant sa caméra façon "cinéma-vérité" et sans abuser d’effets de mise en scène.

C’est peut-être la raison pour laquelle Bully est un film qui dérange. On ne peut s’empêcher de trouver que toute cette histoire est stupide, autant que les protagonistes, pseudo-Eminem assoiffés de sexe et d’acides, qui semblent ne pas comprendre la gravité de ce qu’ils ont fait à l’un des leurs et parlent du meurtre qu’ils ont commis comme du dernier jeu vidéo auxquels ils viennent de jouer.

Au final, Bully porte à réflexion. Ces jeunes sont-ils vraiment des voyous ou victimes d’une société ? Peuvent-ils être tenus pour responsables de leurs actes ou excusés par leurs conditions familiales ou par des problèmes sous-jacents que le réalisateur nous laisse entrevoir (homosexualité non assumée, violence familiale, problèmes scolaires…) ?

Quoi qu’il en soit, pour la justice américaine, la conclusion est sans appel et c’est peut-être là, finalement, que le réalisateur cherche à susciter notre interrogation.



Morgan Lavielle

© Etat-critique.com - 30/09/2011