Une chaleur inhérente se dégage de chacun des albums d'Arno. La dernière galette ne déroge pas à la règle. Bruxelles inspire toujours autant l'homme à la voix cassée ne crachant pas sur une bière.
Des gros riffs à la papa qui surfent sur une horde de synthés délurés, c'est ni plus ni moins que de l'énergie en barre ! Arno, qui semble constamment bourré (Le lundi on reste au lit), n'en reste pas moins un génie du rock (Pop Star). Brussels est à l'image de la capitale européenne : pleine de chaleur malgré un plafond bas.
Quand il chante en anglais, Arno oscille parfois vers des accents tragiques (How are you). Loic Lantoine a dû puiser dans l'inconscient de son voisin nordiste. Arno s'ose aussi au slow (Elle pense quand elle danse) et la recette fonctionne, le piano fait alors ressortir son mal-être généralisé.
La reprise la plus surprenante de l'année se trouve dans cet album : Get up Stand up au piano version ténébreuse, c'est tout simplement une chanson à part. Un vrai travail de composition qui donne plus envie de bourbon que de chanvre indien.
A travers la multitude de titres proposés, Arno prouve qu'il n'est pas radin. Au contraire, le frère caché d'Higelin ou le père illégitime d'Arthur H ouvre un champ des possibles qui nécessite une écoute attentive.