Elle est belle. Elle chante bien. Elle a du goût. Scarlett Johansson s’entiche d’un petit chanteur californien pour un joli disque... qui manque pourtant d’érotisme !
Scarlett Johansson est considérée par beaucoup comme l’un des canons de la décennie. Elle plaît autant aux lecteurs d’Entrevue qu’aux auditeurs de France Culture. La jeune femme drague Hollywood et assure ses arrières avec une jolie relation artistique avec Woody Allen.
Comme beaucoup de comédiennes, elle a tenté de faire de la musique. Elle a surpris tout le monde en reprenant du Tom Waits. Le timbre était agréable et le style loin de tout tube commercial.
Les références s’accumulent sur le second album de la belle qu’elle partage avec le chanteur Pete Yorn. Entendu dans les films des frères Farrelly, Yorn est un songwriter un peu fade, sympathique mais pas très charismatique.
Ensemble, ils s’imaginent en Serge Gainsbourg et Brigitte Bardot. Ils rappellent Lee Hazlewood et Nancy Sinatra. Hélas, ils sont nettement plus sages que leurs illustres aînés.
La demoiselle (ha zut, elle s’est mariée) s’invite sur les compositions de Pete Yorn. La voix est belle, joliment brisée et accompagne parfaitement les flâneries du chanteur.
La première chanson, Relator est une jolie pépite qui regarde visiblement sur les années 60. La suite ressemble à du Pete Yorn : plaisant mais pas très marquant.
La bonne idée, ce sont finalement les 28 minutes que dure l’album ! Break up donne une impression de spontanéité (l’enregistrement a eu lieu en 2007) et de rapidité d’exécution.
Ces deux là semblent sincères dans leur démarche mais hélas, il manque un peu d’ambiguïté dans leurs compositions. On aurait aimé un peu de tension sexuelle ou de séduction ouverte.
Les deux artistes ronronnent ce qui n’est pas désagréable. Mais cela manque de coups de griffes et de vérités douloureuses. Reste un disque charmant où la rupture amoureuse ne semble pas trop difficile.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 07/12/2009