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Lundi 21 Mai 2012Cinéma

 Braquage à l'anglaise

Braquage à l'anglaise

Roger DONALDSON

Avec Jason Statham, Saffron Burrows, Daniel Mays et Stephen Campbell Moore - Metropolitan fimexport - 6 aout 2008 - 1h40

Et ta critique ?




Jason Statham est de retour, mais ce n’est pas pour un énième actionner bas du front pour adolescents en déficit de testostérone. Il faut croire que c’est l’Amérique et la France (enfin Luc Besson) qui ne lui portent pas chance.


Dur de tenir un garage quand des hommes patibulaires prennent un malin plaisir à ruiner votre marchandise. Même si notre héros a des dettes, il eût surement préféré des rappels moins attentionnés. Le voilà donc forcé de replonger dans le crime pour rester honnête.

Il constitue alors une équipe de bras cassés pour récupérer un magot dans une banque. Dont son ex que sa femme n’approuve pas énormément. À juste titre d’ailleurs, mais pas forcément pour ce qu’on croit, comme le garagiste l’apprendra à ses dépens.

Le cambriolage effectué, les voleurs vont se retrouver en possession de bien plus que ce qu’ils avaient espéré. Des photos compromettantes et un calepin contenant des noms de policiers portés sur le pot de vin, pour être précis. Ils devront donc composer avec des miliciens, la police, les services secrets et d’autres individus peu recommandables.

Pourquoi à l’anglaise ? Les costumes cintrés des malfrats et la plongée dans l’univers feutré des lords ne tromperont pas. Même si les premiers vivent paisiblement en famille et que les seconds font du libertinage leur passe-temps favori. Le monde à l’envers, en somme.

Mais il ne s’agit pas là de la seule surprise que réserve le long-métrage. En dépit d’un démarrage bon enfant, la fin est très violente et sous tension permanente. Les changements de ton rappellent quelques petits bijoux d’humour noir britannique dont on sent ici l’influence.

À l’instar de Snatch, où l’on pouvait déjà retrouver la brute à la calvitie prononcée, le film capitalise sur une galerie de personnages loufoques très bien croqués. À commencer par Michael X, un Britannique qui tente de reformer les black panthers dans la perfide Albion.

Mais la comparaison s’arrête là. Le second degré y est beaucoup plus discret et l’intrigue beaucoup plus dense. En effet, la manipulation est omniprésente et les retournements de situations, nombreux. Au point qu’il en devient souvent difficile de s’y retrouver au milieu de toutes les factions en présence.

Néanmoins, le tout reste très sympathique à regarder oscillant entre film de genre respectueux et divertissement intelligent. Il paraît que c’est inspiré d’une histoire vraie. En sortant de la salle, on a quand même du mal à y croire. Sûrement l’effet Jason Statham.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 06/08/2008