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Lundi 21 Mai 2012Cinéma

 Boy A

Boy A

John CROWLEY

Avec Andrew Garfield, Peter Mullan et Katie Lyons - Pyramide Distribution - 25 Février 2009 - 1h 40min

Et ta critique ?




Symptomatique d'un cinéma britannique ambitieux et "responsable", Boy A aborde avec beaucoup d'intelligence et d'à-propos le difficile sujet de la réinsertion.


Au fil des années et de sorties remarquées, le cinéma anglais tend à se faire une spécialité du film social et politique à forte valeur morale ajoutée.

Si Ken Loach et Mike Leigh en sont évidemment les porte-étendards les plus remarquables, dans leur sillage émerge toute une génération de réalisateurs doués qui n'hésitent pas à se coltiner à des sujets aussi difficiles qu'universels. On se rappelle notamment de Steve McQueen qui, en fin d'année dernière, nous avait collé son poing dans la gueule avec l'éblouissant Hunger.

Dans un registre moins esthétisant mais tout aussi efficace, John Crowley signe son deuxième film seulement, mais fait également preuve d'un choix très sûr pour son sujet, tiré d'un polar de Jonathan Trigell, Jeux d'enfants, publié en France dans la collection Série Noire.

A 23 ans, Jack (Andrew Garfield) sort de prison où il a passé toute son adolescence pour un meurtre commis lorsqu'il était enfant. Pris en charge par Terry (Peter Mullan), assistant social, il tente de refaire sa vie, loin du drame atroce encore présent dans tous les esprits. Nouveau nom, logement, travail, petite amie…

Jack se reconstruit lentement tout en veillant à cacher soigneusement son passé à ceux qui l'entourent. Mais dans l'Angleterre des tabloïds, il n'y a pas de place pour l'oubli.

Avec ce film à thèse (insertion, compassion, rédemption), John Crowley signe une tragédie assez subtile pour échapper aux pièges larmoyants qui le guettaient. D'abord parce que la fragilité et l'émotion l'emportent toujours sur la démonstration édifiante. Ensuite parce que les interprétations de Peter Mullan et Andrew Garfield apportent au film une profondeur remarquable, loin d'être acquise à la simple lecture du synopsis.

Enfin parce que sa mise en scène rigoureuse prend à bras-le-corps une réalité sordide et tient toujours éloignés les effets lacrymaux faciles.

Prix du Jury au Festival de Berlin et récompensé quatre fois au Festival du Film Britannique de Dinard, Boy A mérite de trouver son public, comme son personnage principal méritait sans doute la seconde chance qui lui était offerte…


Joel Fomperie

© Etat-critique.com - 26/02/2009