Jazz et bluesy, c'est le son estival d'Etat Critique. Un petit as du piano rend hommage au pianiste des Stones. Ces derniers ont la bonne idée de s'inviter sur ce disque intemporel.
Ian Stewart est l'âme damnée des Rolling Stones. Présent depuis les débuts du groupe, Ian Stewart, avec sa gueule carré et ses cheveux gominés, fut toujours mis à l'écart. Pourtant il resta le road manager du groupe mais aussi leur pianiste préféré. Il était le sixième Stones.
Il a traversé toutes les épreuves du groupe. La vie Sexe drogues et rock'n'roll ne l'intéressait pas beaucoup. Ian Stewart a consacré sa vie à la musique, au rock, au boogie woogie (C'est lui le Boogie With Stu de Led Zeppelin sur Physical Graffiti). Disparu en 1985, cet Ecossais fait parti de la légende du groupe de Keith Richards et Mick Jagger.
Petit prodige du jazz, cousin de PJ Harvey, Ben Waters s'empare de cette figure mythique pour une session de boogie woogie intensive. On avait oublié tout charme de cette musique bluesy. Le premier morceau nous plonge dans les vestiges du rock.
En trois minutes, Ben Waters plante le décor en un seul titre: un vieux saloon hanté par le rythm'n'blues. Au comptoir de Ben Waters, se retrouvent sur les titres qui suivent les derniers cowboys du rock circus. Mine de rien, Ben Waters réunit toutes les pierres qui roulent en activité. Bill Wyman. Charlie Watts. Ronnie Woods. Mick Jagger. Keith Richards.
Ces derniers se font plaisir et se laissent porter dans un bon vieux disque de rock'n'roll. Le jazz côtoie le rock. Les caprices du piano ne se font pas déborder par l'égo du plus grand groupe du Monde. Les guitares stoniennes sont roots. Jagger chante comme on ne l'avait plus entendu depuis longtemps. Keith Richards s'attarde lui aussi au micro pour montrer qu'il a enfin tout du vrai bluesman. Magnifique.
Wyman et Watts recomposent cette rythmique humble et solide. Les fantômes et les mythes traversent ce disque qui prend possession de notre platine. Le jam proposé par Ben Waters a un diabolique effet sur nos oreilles et notre corps.
La réunion de vieux briscards ne se transforment pas en centre médicalisé pour vieux musiciens finis à la coke, à la chirurgie esthétique et au bourbon. C'est un brillant hommage, une belle collection de hits jazzy, une vraie déclaration d'amour à un musicien discret et essentiel à la légende du rock.