Olivier Assayas s’essaie au polar et rend une copie pas toujours convaincante. Pourtant Boarding gate n’est jamais totalement raté. Ni franchement réussi. Heureusement la muse du film, Asia Argento, hypnose d’un bout à l’autre de la pellicule.
Sandra, jeune italienne tourmentée, retrouve son ancien amant, l’homme d’affaires, Miles Rennberg. Leurs retrouvailles rappellent de mauvais souvenirs faits de soumissions, de drogues et quelques autres déviances. Leur relation est sulfureuse.
Pourtant Sandra a tenté de se remettre de cette liaison. Elle bosse avec un couple de Chinois dans l’import-export. Elle est amoureuse du mari, Lester, qui lui fait une proposition concernanf Miles Reenberg…
Figure atypique du cinéma français, Olivier Assayas s’essaie au polar pur et dur. Un trio amoureux embourbé dans une étrange histoire de rachats et de magouilles à connotation mondialiste, voilà le sujet simple de son film qui pourtant se révèle trop nébuleux.
Comme Demonlover, autre hommage à la série B, le cinéaste français s’attache à rendre opaque ses personnages. Il s’adresse à l’intelligence du spectateur et réalise formellement un film plein de sens. Visuellement le film est très beau et soigneusement maîtrisé.
Asia Argento perdue en plein HongKong, c’est un vrai beau moment de cinéma. Le cinéaste rappelle le meilleur de Wong Kar Wai, où la cité devient un reflet des angoisses des personnages. Lorsqu’il visite l’île, Assayas réussit son pari.
Cependant à trop s’éloigner des conventions, il s’embourbe dans une narration plutôt maladroite avec une première partie poussive. A trop jouer avec les stéréotypes, Assayas les saborde. Si la relation masochiste entre Sandra et Miles peut intéresser, elle noie tout le polar dans une psychologie un peu lourdingue. Cela plombe totalement une grande partie du film se situant en Europe.
Cependant cette erreur de scénario est surmontée par l’impressionnante présence de Asia Argento. La comédienne n’en finit pas de surprendre. Comme toutes les héroïnes d’Assayas, elle fonce tête baissée à n’importe quel prix pour exister. L’actrice est aussi agressive que fragile. Dans le rôle de la femme fatale, elle surprend et charme.
Cela ne suffit pas pour une totale adhésion à l’exercice, parfois subtil, parfois agaçant. Avec Boarding gate, l’embarquement n’est hélas pas immédiat !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 29/08/2007